Interview Slow Motion Soundz

Basé au coeur de l'Alabama, le label Slow Motion Soundz s'est bâti une solide réputation par la constance et l'originalité de ses projets. Sa recette : la production aérospatiale et multiculturelle des Block Beattaz portée par une philosophie d'ouverture totale sur le monde. Présentation de la méthode Slow Motion Soundz en compagnie du producteur CP et Codie G, tête pensante du label.

2010-05-02 10:00:00 Propos recueillis par JB

Abcdr du Son : Pourriez-vous présenter la ville d'Huntsville ?

Codie G : On compare la ville à une île car c'est une grande périphérie située à l'intérieur d'une vallée. C'est là que la NASA construisait ses fusées, Huntsville a donc une histoire très riche sur le plan des technologies. Dans cette ville qui a envoyé des hommes sur la lune, nous représentons la culture des non-privilégiés. C'est une ville de taille moyenne, il doit y avoir entre 350 000 et un demi-million d'habitants. Donc c'est à la fois rural et urbain. Grâce à la technologie, la ville est très diverse. Il y a des gens du monde entier, pas seulement des noirs et des blancs comme ailleurs, mais des Espagnols, des Russes, des Allemands… C'est un melting pot très varié.

A : Huntsville est la ville du Marshall Space Flight Center, le centre de recherche de la NASA. Est-ce que ce lieu vous fascinait quand vous étiez petits ? Car il y a un vrai côté spatial dans votre musique…

CP : [rires] Ça doit être une influence immédiate de notre environnement. Aussi loin que je me souvienne, avant même que je fasse de la musique, tout ce que j'écoutais avait un côté très laid back. Des gens comme Poe Boy par exemple : il y avait toujours des rythmes de TR-808 très durs mais avec des mélodies plus posées. C'est ce qui nous dissocie des autres courants musicaux en Alabama. Nous prêtons plus d'attention aux détails.

A : Quelle était la scène locale dans le passé ?

C : Il y a toujours eu beaucoup de rappeurs par ici. Nous avons commencé sérieusement vers 1999, mais on peut remonter vers 1993/94, voire la fin des années 80. Il y avait bien 4, 5 groupes dans le coin, avec deux ou trois studios. Nous sommes une génération intermédiaire, il y a eu des gens avant nous, et il y en a après nous. Nous avons appris grâce à eux, et voilà que maintenant, c'est à notre tour de briller. Mais la musique a toujours été là, c'est juste qu'aujourd'hui, elle a une dimension mondiale.

A : Qui étaient les artistes qui vous inspiraient à l'époque ?

C : CP a cité Poe Boy, je dirais aussi Rudy Deville, Ace of Spades, Mike White The Beholder, Atteze, H.E.A.T. , Tam Tam et South Click. Il y en a d'autres, mais eux sont les premiers qui me viennent à l'esprit.

A : Qu'est-ce qui vous distingue des autres scènes locales du sud des Etats-Unis ?

C : Ce qui nous distingue, c'est le mec là-bas, lui et son partenaire Mali Boi. Voilà ce qui fait la différence : les Block Beattaz [rires]. Ici, tout le monde rappe sur les mêmes sujets. La galère à Huntsville, c'est la même galère qu'à Atlanta ou la Nouvelle Orléans. Simplement, la fondation musicale nous distingue, et ça, c'est le travail des Block Beattaz.

"Notre point de départ, c'est Huntsville, mais nous diffusons notre message dans un format mondial."

A : Comment vous êtes-vous rencontrés ?

C : J'ai rencontré CP il y a dix ans par l'intermédiaire d'un ami commun, mon pote Jeff. C'était dingue. Il était chez Jeff, qui avait un petit home studio. Quand je suis arrivé, le son qu'il avait… C'était quoi ton logiciel, CP ?

CP : Je crois que j'utilisais Acid.

C : Quoiqu'il faisait avec Acid, c'était le son que je recherchais. Je ne fais pas de son mais j'ai toujours des sons dans la tête et quand j'ai vu CP faire son beat, je me suis dit : "Merde, c'est le son que j'ai eu en tête toute ma vie". Et nous voilà, dix ans plus tard…

A : Comment vous décririez ce son ?

C : Wow… Comment dire ça…

CP : C'est d'abord un mode de vie. Nous attachons beaucoup d'importance à la pensée critique. Ralentir pour ne pas faire deux fois la même erreur, ou faire l'erreur de ceux qui nous ont précédés. C'est la colonne vertébrale de notre mission. Pose-toi, et même si les choses ne se passent pas comme prévu, tu pourras évaluer les problèmes et avoir une vision plus claire à la fin. A Huntsville, il y a une équipe de baseball qui joue en ligue mineure appelée les Huntsville Stars. Leur stade est situé en plein milieu de la ville, c'est la zone qui sépare les hauts niveaux de vie du reste. Nous sommes très fiers de leur logo et de ce que ce stade représente. Quand j'ai rencontré Codie G, il portait une casquette des Huntsville Stars, et c'était le nom que j'avais choisi pour ma production à l'époque. C'était dingue. Lui étant un vétéran de l'armée, j'avais été fasciné par toutes les choses qu'il savait sur le monde. A chaque fois qu'il venait, il parlait toujours de la ville, mais avec un point de vue global. Je me demandais comment quelqu'un d'aussi jeune pouvait en savoir autant sur nos connexions avec le reste du monde.

A : Votre stratégie semble assez unique en son genre. Beaucoup de labels indépendants opèrent à petite échelle, alors que votre approche est complètement ouverte sur l'extérieur…

C : Il le faut. C'est un mariage parfait entre business et musique. Les gens demandent toujours aux Block Beattaz pourquoi ils ont choisi tel ou tel sample. Si les gens ne sont pas capables de penser hors du bocal, il n'y a pas moyen que moi je reste dans le bocal. Il faut aller plus loin, car la musique elle-même va plus loin.

CP : Franchement, ce concept de "World Domination", ce n'est pas nouveau pour nous. Il a fallu un moment pour que les gens comprennent, ils se disaient : "Si nous on n'arrive pas à faire de l'argent ici, comment tu crois qu'on pourrait en gagner à des milliers de kilomètres ?".

C : Personne ne nous a montré comment faire. Personne ne nous a dit comment faire un morceau ni comment le vendre. On a fait ça nous-mêmes avec l'aide de Dieu. D'ailleurs c'est drôle, mais le premier projet qu'on a sorti s'appelait déjà "Huntsville International". C'était en 1999. On a dû presser une centaine de copies. Dix ans plus tard, après tout ce que l'on a traversé, on revient pour sortir un autre "Huntsville International".

A : Le fait d'avoir samplé Robert Miles dans le morceau 'Rollin'' de Jackie Chain illustre bien cette stratégie. 'Dreams' est une chanson qui tournait en boucle en France quand j'étais plus jeune, et c'est ce qui m'a fait découvrir votre musique. Le morceau était connu en Alabama à l'époque ?

CP : Le sample était mortel, il me semble qu'on l'a découvert à la télévision ou dans un film. Honnêtement… On n'écoute presque pas de rap en dehors du studio [rires]. Donc on est assez ouverts. Mais on fait de la musique pour que les gens écoutent le message. Le beat, c'est l'élément bonus qui te fait accéder au message. Nous ne voulons plus faire une musique locale. C'est intéressant que ce sample soit un de tes préférés, car de notre côté, si nous voulons que le monde nous écoute, nous devons faire de la musique à laquelle le monde pourra s'identifier. Notre point de départ, c'est Huntsville, mais nous diffusons notre message dans un format mondial.

C : Je suis né avant que MTV passe du hip-hop, ou même des clips tout court. Quand les clips sont arrivés au début des années 80, on ne voyait que de la musique européenne à la télévision. A l'époque, il n'y avait pas de NWA. Le vendredi soir, c'était Annie Lennox, Boy George, les Beatles… A la maison, nos parents écoutaient Bobby Womack ou Teddy Pendergrass, mais à la télé, c'était 100% européen.

CP : Je me souviens, mon clip préféré, c'était 'Sledgehammer' de Peter Gabriel ! [Codie G se marre]. Billy Idol, Naked Eyes, REM… Ces trucs-là m'ont suivi pendant toutes ces années. Leurs mélodies sont incroyables, elles t'enivrent autant qu'un verre d'Alizé. Genre le morceau 'Broken Wing', pfffff… Aujourd'hui encore ça marche. Ce sont des chansons intemporelles, et c'est ça qu'on veut présenter.

A : Vous entretenez des liens solides avec la Grande Bretagne. Peut-on espérer des collaborations avec des artistes français, anglais, allemands ou russes dans le futur ?

C : Nous sommes prêts à faire de la bonne musique avec n'importe qui. On vient d'enregistrer un titre à partir d'un sample de Hudson Mohawke. CP a très envie de bosser avec Lady Leshurr en Angleterre. Notre single 'My aura' a été remixé par Punani SS en Norvège. Alors oui, on est partant pour travailler avec des artistes transatlantiques. C'est là que le nouveau son se trouve. On veut mélanger les sonorités culturelles de la même façon qu'on a mélangé les genres musicaux.

CP : Par exemple, j'aime beaucoup le son de ces mecs qui bossent avec les DipSet, S.A.S.. Rien que leurs accents. Et maintenant que j'y pense, il y avait aussi ce rappeur en France... Je crois que son nom c'est Solaar. J'aimais beaucoup sa musique. Pour moi, c'est une combinaison parfaite : prendre des sons et les amener dans d'autres contextes.

A : Quelles ont été les personnes qui ont permis à Slow Motion Soundz de toucher les pays étrangers ?

Codie G : Grâce à plusieurs journalistes, nous avons pu toucher les marchés étrangers. Des gens comme Rob, Dave et Superix du site Southern Hospitality par exemple. Ils travaillaient pour le magazine Hip-Hop Connection avant qu'il s'arrête et ont parlé de Huntsville dans les six derniers numéros. A Vancouver, Lee Henderson a écrit un article très approfondi sur notre scène il y a quelques années, je pense que ça a attiré des regards dans notre direction. Sans oublier le buzz viral autour des morceaux 'Woodgrain' et 'Rollin'', produits par les Block Beattaz. La production de ces titres nous a catapultés vers les auditeurs étrangers. Et puis maintenant, on peut dire qu'à travers cette interview, toi aussi tu nous aides.

A : On dirait que le label est plus apprécié par un public international que par le public du Sud. Comment l'expliquez-vous ?

C : Je ne pense pas que ce soit notre vrai public. Les gens du Sud aiment notre musique. Ils savent que dans le climat actuel, on n'a rien à envier aux meilleurs. En revanche, ceux qui ne nous soutiennent pas dans le Sud sont les supports médiatiques. C'est très difficile de révéler un artiste au grand public quand journalistes et DJ obéissent aux ordres au lieu de donner leur chance à de jeunes talents. Mais notre musique a voyagé de la côte est à la côte ouest, du sud au midwest. Partant de là, on se dit que pour faire du bruit, la prochaine étape, c'est de toucher le monde entier tout en continuant d'avoir le soutien du Sud car notre production se répand dans toute la zone. Les gens oublient ça : nous ne sommes pas un groupe, nous sommes une équipe de production. Donc où que l'on aille, nous serons entendus.

CP : Notre stratégie est simplement différente. Les gens sont en général conditionnés par la répétition, ils font la même chose, encore et encore et encore… Nous, on s'est dit : si tout le monde part à droite, alors on ira à gauche. Choisir le chemin le moins encombré, c'est une bonne opportunité pour réussir. Notre modèle, c'est "Work smarter, not harder". Ne travaille pas plus dur, travaille plus malin.

A : Comment un label comme le vôtre opère à  l'heure d'Internet ?

C : Notre premier projet avec un code barre dessus est sorti en 2000. Ça fait des années qu'on est sur le net, les forums et tout. Tout le monde dit "Internet ceci, Internet cela" mais mec, nous on connaît ! Sans le web, on ne serait même pas là à te parler. Dans le sud, Master P avait des types qui se chargeaient de vendre les disques depuis l'arrière du camion. Alors tout le monde faisait la même chose à chaque coin de rue. Nous, on est arrivé dans le jeu autrement, via le net : southbysouthwest.com, southwestconnection.com, downsouth.com… Ça a été les premiers sites sur lesquels on a construit. Quand Myspace a fait son apparition, on était déjà opérationnels. On avait un premier site en 2000. Internet, ça a toujours été notre méthode.

A : Vous avez pensé sortir "Huntsville International" dans le commerce ?

C : Non, ça n'aurait pas eu de sens car le projet sortait de nulle part [rires]. Il n'était pas prévu. L'idée était de filer un coup de main à des blogs qui nous aident en retour – J Dirrt du site Baller's Eve, par exemple, il a fait des vidéos pour nous. Si nous avions mis le projet en vente, je ne pense pas qu'il se serait passé grand-chose. Tu ne nous aurais sans doute jamais appelés car tu n'aurais pas entendu parler du disque. Désormais on a un fan en plus, une autre interview, donc le jour où nous reviendrons avec un disque à vendre – ce qu'on prévoit pour cette année – il y aura encore plus de gens pour nous soutenir.

A : Donc les blogs ont remplacé les camions ?

C : Exactement. Et les magazines aussi. Je respecte tous les bloggeurs, qu'ils parlent de nous en bien ou en mal. Si c'est ton opinion, continue d'écrire ! Si les bloggers sont les nouveaux journalistes, alors dans dix ans ils seront les nouveaux rédacteurs en chef. Quel que soit le medium dominant à ce moment-là, ils seront aux avant-postes. Ils grandiront, et nous grandirons avec eux. Attention : je ne dis pas que nous utilisons ces gens-là…

CP : Car ils nous disent quand on fait de la merde ! [rires] L'honnêteté est un facteur très important. Ce que j'aime dans l'écriture, c'est qu'il faut atteindre un certain niveau de pensée pour pouvoir formuler une critique. Je lis toujours entre les lignes, et j'essaie de me mettre à la place d'autres consommateurs de musique. Notre point de vue est le suivant : nous donnons notre musique pour bâtir la confiance de nos auditeurs, tous ces gens qui nous ont soutenus. On se doit de leur montrer qu'on ne faiblit pas. On va continuer de bosser. Depuis le premier jour, l'argent a été secondaire – on fait de la musique car on aime ça. On trouve des moyens de gagner de l'argent mais à la base, on fait ça par amour du son et parce qu'on sent qu'on s'améliore.
On met notre musique à disposition des gens pour voir si l'on peut être compétitif à l'échelle du monde et éventuellement attraper des dollars grâce à la scène. Si les gens nous aiment, alors ils trouveront un moyen de nous voir en live. C'est la prochaine étape : la performance. Notre tournée en Grande-Bretagne était énorme car c'était notre première tournée. On a réalisé que les gens de notre propre terrain allait passer après l'Europe. Cela dit, nous allons devoir nous assurer que nos shows tiennent la distance. Il faut qu'ils reflètent notre musique et notre état d'esprit.

C : On n'a même pas sorti le disque à Huntsville. Aucun pressage, rien. Et là, on vient de caler plus de concerts qu'on en a calé toute notre vie.

A : C'est les concerts qui vont faire de Slow Motion Soundz une entreprise viable ?

C : Nous avons de vrais fans. On va se concentrer sur le merchandising. Pas forcément une ligne de vêtements, ça peut aussi être du téléchargement de chansons sur les portables. Nos fans veulent faire partie de notre mouvement. Il va y avoir la thune des concerts, et la possibilité pour les gens d'acheter notre musique en ligne. Après une année de taf, à faire le tour du monde, les gens voudront acheter le prochain disque, qu'il soit physique ou digital.

A : Codie G, vous avez un travail en dehors de la musique, c'est une chose que peu d'artistes révèlent en général. Quel est votre métier ?

C : Je travaille à la base militaire d'Huntsville. C'est ce qui porte l'économie locale alors j'ai de la chance d'avoir ça. C'est rare que des gens reconnaissent qu'ils ont un boulot tout en faisant de la musique. Mais pourquoi ne pas le dire ? J'ai l'impression qu'il n'y a que dans le hip-hop que les gens veulent refuser d'être intelligents. Mais les choses changent : l'intelligence devient le nouveau gangsterisme.

A : Et comment trouvez-vous l'équilibre entre musique et vie professionnelle ?

C : Mon boulot, c'est mon business. Avec ou sans la musique, je dois subvenir aux besoins de ma famille. Même si je vendais de la came, je devrais trouver un équilibre entre la rue et le studio. Des artistes comme G-Side, tout le monde hallucine quand ils parlent de leur vrai métier dans leurs morceaux. Quand Kristmas a dit qu'il remplissait le formulaire W-2 [NDLR : formulaire d'imposition aux Etats-Unis], j'ai tout de suite kiffé. Il y a tant de gens qui écoutent du rap ghetto sans vivre le ghetto. Cette rime est destinée à tous ces gens qui travaillent. Respect à Kristmas pour cette rime. Elle a donné une identité au mec lambda qui a eu un diplôme, qui travaille, qui prend soin de sa famille, et qui touche un salaire. Je pense que si cet aspect de l'homme noir est montré plus souvent, ça en inspirera d'autres à emprunter ce chemin.

A : Combien de temps êtes-vous resté dans l'armée ?

C : J'ai servi pendant presque huit ans. Un jour, un vieil homme m'a dit que j'allais voir au moins l'un des trois "R" dans ma vie : "pénitentiaire", "militaire" ou "cimetière". J'ai choisi "militaire". Je venais d'avoir mon premier enfant, je travaillais à l'usine, ma vie n'allait nulle part. Des amis à moi se faisaient tuer, d'autres partaient en prison alors j'ai choisi de faire autre chose. Ce qu'il faut savoir sur l'armée, c'est que ce n'est pas du tout une partie de plaisir. Certains mecs sont respectés parce qu'ils ont connu la prison, mais l'expérience militaire est tout aussi fascinante.

A : De quelle manière l'armée a influencé votre vision pour le label Slow Motion Soundz ?

C : Très bonne question. La première chose serait la notion d'équipe. Tu n'es rien sans le soutien des autres. Il y a de grands artistes solo, mais une équipe est bien plus solide. Et puis, quand chacun y met du siens, inutile de redoubler d'efforts. Tout ce qu'il faut, c'est que chacun fasse ce qu'il sait faire de mieux. Le deuxième point, c'est que j'ai pu prendre conscience que l'on avait le niveau pour réussir, même si l'on venait d'Huntsville. Le fait de me confronter à toutes ces cultures a été un énorme plus. La musique m'a accompagné pendant tout mon voyage. Je suis allé à mon premier poste d'affection en écoutant les maquettes du premier album de Mata en 2000. En 2003, j'écoutais VSOP dans un Humvee en plein cœur de l'Irak. En 2005, j'écoutais les Hood Headliners en jouant aux dominos en Corée du Sud. Je grandissais, je découvrais le monde, et ma bande originale, c'était la musique d'Huntsville. Pendant les bons et les mauvais moments.

A : Il y a actuellement un gros engouement autour de l'Alabama. Qu'est-ce qui va permettre à la scène d'Huntsville de se solidifier dans le futur ? Et quelles pourraient être les erreurs à éviter ?

C : Je vois ce qui se passe en Alabama. Je vois les villes de Gump, Bham, Mobile et toutes les autres aux alentours. L'Alabama est on fire. Ta question portant sur Huntsville, je ne vais parler que d'Huntsville. Nous devons rester en mouvement. Si on ne le fait pas, on est cuit. Je viens de voir sur Twitter que Tam est entrée en playlist à la radio. 6 Tre G passe à "106 and Park", PRGz ont signé chez E1, Jackie Chain a du buzz, Ben Frank a produit le morceau 'Ain't I' pour Yung LA, lui aussi il bouge. G-Side entame une tournée internationale, la cote des Block Beattaz augmente, G-Mane s'occupe de jeunes talents… Nous devons aussi sortir du hip-hop et trouver des talents dans d'autres domaines pour montrer la diversité de cette ville. L'erreur serait de ne pas partager notre réussite. Si une seule personne doit profiter de ce succès alors on est dans la merde. Toutes les personnes que je connais à Huntsville ont trouvé une place sur un projet Slow Motion Soundz. Si on partage tous la même assiette, on va arriver à saturation. La dernière chose, c'est l'esprit Alabama. Si nous oublions qu'on se bat pour 'Bama, on est perdu.

A : Comment imaginez-vous le label dans dix ans ?

C : Je nous vois comme une confortable entité indépendante qui travaillerait aussi bien avec les majors que les indépendants. On a ce qu'il faut pour nous maintenir dans ce climat changeant, grâce à une fondation vieille de dix ans.

 

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Photos : http://patrickbuckleyphotography.com

 

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