Interview Kohndo (II)

Kohndo. Deux pieds sur terre. Quatre ans après une première (très) longue rencontre, il est aujourd'hui question d'évolution, de reconnaissance, de son nouvel album, de diversité musicale, de Dilla ou encore du RER. Illustration en images ici.

02/07/2006 | Propos recueillis par Nicobbl avec Ameldabee (vidéo)

Interview : Kohndo (II)Abcdr : "Tout est écrit" était ton premier album solo. Quel bilan tires-tu aujourd'hui, avec le recul, de ce disque ?

K : Bon, c'est toujours difficile de se regarder. Mais quand j'ai fait ce premier album, j'avais vraiment une idée en tête. Et au final, entre l'idée que je pouvais avoir en tête et la réaction du public, je ne suis pas surpris. L'album a été plutôt bien accueilli. Il a fallu du temps avant que les sons que je proposais fassent leur chemin. Aujourd'hui, je suis content de me rendre compte que cet album aura été le démarrage d'une école. Oui, ça j'en suis particulièrement fier.

Après, le disque...je le réécoute pas souvent. [rires] Mais sur scène, j'ai un immense plaisir à refaire des morceaux de ce premier album.

Pour ce qui est des retombées commerciales et artistiques, cet album a pleinement répondu à mes attentes. On a été plutôt bien surpris par les chiffres de ventes, et c'est ce qui nous a permis d'enchaîner sur le deuxième. Et même s'il nous a fallu attendre pas mal de temps avant que tout s'enclenche pour lancer la suite, ces années passées ont été une forme de passerelle. Aujourd'hui j'ai hâte de voir ce que va donner le nouveau.

Je me souviens qu'à l'époque de la sortie de "Tout est écrit", la scène dite expérimentale avait le vent en poupe. On parlait de renouveau du rap en ajoutant que le Hip-Hop était mort. Aujourd'hui, on voit qu'un certain nombre de groupes sont dans la veine que ce que j'avais pu apporter sur "Tout est écrit". Maintenant, le plus important pour moi c'est de veiller à toujours faire la musique que j'ai envie de faire, au moment où j'ai envie de le faire. Tout ça en faisant en sorte que chacun puisse apporter ses idées qui sont le fruit de ses expériences, de son parcours. Voilà, je veux toujours faire de la musique avec sincérité.

A : Ton nouvel album, "Deux pieds sur terre", sort trois ans après le précédent. Comment as-tu occupé ton temps pendant cette période ?

K : Trois ans ça passe vraiment très vite. D'abord il y a toute la promotion autour du premier album, ensuite la défense de cet album à travers des scènes, radios et interviews. Je peux te garantir que les six premiers mois et les six autres qui suivent, tu ne manques pas d'occupation. Ensuite, j'ai commencé à réfléchir à l'album suivant au travers de quelques collaborations. Par collaboration je pense notamment à la rencontre avec Rachid Wallas, avec DJ Brasco de Toulon....

Toutes ces expériences et étapes m'ont permis d'envisager la suite et d'en commencer l'écriture.

A : Tu participes à moins de projets collectifs qu'à une époque, et tu ne fais finalement plus du tout de compilations...

K : Oui, en fait, je ne fais plus du tout de compilations pour un certain nombre de raisons. Tout d'abord je trouve qu'il y a trop peu d'échanges dans un format de compilation. Ensuite, j'estime qu'il est particulièrement difficile de se révéler via une compilation. Voilà, pour ces raisons, je préfère me concentrer sur mon travail personnel.

Tu sais, pendant ces trois ans, avec Kalash, DJ Gero, Dee Nasty, DJ Kozi et Enz on a fait pas mal de concerts...et ça a aussi occupé une bonne partie de mon temps.

A : Tu étais aussi satisfait des retours que tu as pu avoir sur scène ? La scène c'est avant tout la rencontre et le partage avec le public...

K : Oui ! [Enthousiaste] Mes derniers concerts étaient mortels, dans le sens où il y a toujours un moment où je pouvais inviter les gens à venir échanger, découvrir de nouveaux morceaux, réécouter et redécouvrir des plus anciens. J'ai un gros répertoire, du coup mes concerts ne sont jamais les mêmes. Toute cette musique prend une autre dimension jouée en live sur scène. KOHNDO

A : Tu me tends une super perche là. Je t'avais vu, il y a plusieurs mois, sur les planches, à la Scène Bastille, avec un groupe de musiciens assez orientés rock. Ce concert c'était un moment de plaisir, une forme d'aparté ou tu aimerais faire plus de morceaux dans ce style ?

K : Je considère que tous ces moment font partie de mon parcours de vie. J'ai parmi mes meilleurs amis des chanteurs de jazz, des bassistes, des batteurs. Ces gens là, je les ai rencontrés, j'avais quatorze ans. Aujourd'hui j'ai un groupe, le Velvet Club Live Band et avec eux, sur scène, forcément on s'éclate. Et tout ce coté rock que je peux aimer, il ressort sur scène.

A : Tu as aussi envie de sortir un album ou des morceaux dans cette teinte musicale, avec une certaine touche de rock ?

K : Avec le Velvet Club Live Band, on fait du rap acoustique, tout simplement. Maintenant quand on fait un morceau comme RER sur scène, on lui donne toute l'énergie qu'il doit avoir. Quand je fais sur scène 'Hey Papi' qui sur mon dernier album est un titre assez électro, il prend une autre dimension, bien plus rock, plus vénère. Après, tout dépend de mes envies et inspirations et des échanges que je peux avoir avec les différents musiciens. Rien n'est figé.

A : Et tu aimes toujours piocher dans différentes musiques...

K : ....Oui. La scène et mes disques sont le reflet de mes envies mais aussi de ce que je suis et de ce que j'ai été.

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