Interview Aurelius

21/05/2006 | Propos recueillis par Nicobbl

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A : Avec quel matériel travailles-tu ?

A : Je bosse avec le même matériel qu'à mes débuts, c'est à dire un sampleur S2000, Cubase et depuis peu un Triton. Ceci dit faudra quand même que j'investisse un peu un de ces jours.

A : Apparemment tu fais plus dans la composition que dans le sample. Pourquoi ?

A : Ca c'est plutôt récent, et d'ailleurs tu m'aurais dit ça y'a deux ans je t'aurais pas cru. Disons que le fait de composer te permet de faire passer l'émotion que tu veux alors qu'avec le sample t'es pas complètement libre. En plus de ça, la compo' c'est un confort personnel, j'ai plus besoin d'aller me prendre la tête a trouver le sample qui déchire. De toute manière je pense que la compo' c'est ce qui me correspond le mieux. Enfin ça ne veut pas dire que je ferai plus de son avec un bon sample de soul.

A : Avec le développement de logiciels assistés par ordinateur, j'ai l'impression qu'il y a une vraie démocratisation de la production, dans le sens où tout le monde peut faire des beats. La réussite de quelqu'un comme 9th Wonder qui utilise, entre autres, Fruity Loops, qui pourrait sampler des MP3 mais ne le fait pas, illustre à mon avis assez bien cette idée. Qu'en penses-tu ?

A : Comme je te disais, moi il m'a fallu des années avant de comprendre comment faire et quoi acheter pour faire du son. Maintenant le gamin qui veut se mettre au son il allume Internet et tout lui est donné. Je pense que le truc est un peu moins magique qu'avant. C'est clair qu'on est dans une autre époque, où tout le monde rappe, tout le monde fait du son.

D'un autre coté maintenant si tu veux vraiment réussir t'as vraiment intérêt à être vraiment au dessus du lot, tellement y'a de la compétition.

A : Réaliser un album instrumental, c'est un rêve façon projet un peu fou, une réalité ou tu n'y penses même pas ?

A : Je pense que c'est vraiment trop tôt pour ça, je vais d'abord essayer de me faire un nom et après on verra.

A : Dans une ville comme New-York où le Hip-Hop est franchement omniprésent, et où il est difficile de percer, on pourrait se dire que le relatif succès de producteurs ou collectifs français (difficile de ne pas évoquer Get Large) là-bas tient du miracle. Qu'en penses-tu ?

A : Au contraire, pour être honnête je pense que le fait d'être français est un atout. Moi ça m'a aidé et ça, j'peux pas le nier. Si j'avais été un petit blanc de là-bas je sais pas si j'aurais eu le même accueil à QB. Au départ la curiosité a joué un grand rôle. Après c'est clair que t'as intérêt a être sûr de tes sons si tu te pointes là bas pour ça. Parce que s'ils aiment pas ce que tu fais ils perdront pas leur temps avec toi.

A : En fin d'année dernière on pouvait lire pas mal d'articles proclamant haut et fort que New-York n'était définitivement plus la place forte du Hip-Hop, et que tout se passe désormais à Houston. Quel est ton avis là-dessus ?

A : C'est clair que si tu allumes ta TV et que tu regardes BET, tu verras que des vidéos down south. Et bien évidemment les magazines parlent de ce coté grand public…Mais le rap s'arrête pas a BET ou MTV. Donc de là dire que tout se passe à Houston ça me semble un peu exagéré.

A : Tu vis à Bordeaux, ce n'est pas trop frustrant de vivre à distance cette espèce de rêve américain ?

A : Oui par rapport à la musique ça serait beaucoup plus facile pour moi d'être là-bas. Après, le rêve américain tu peux le vivre que si t'as vraiment un bon job parce que si c'est pas le cas t'y resteras pas longtemps. Aprés j'te dis ça parce que je connais le coté ghetto. La plupart des gars que je connais là-bas travaillent pas. En tout cas pour l'instant, moi je suis bien à Bordeaux.

A : Tiens, question de cerner un peu mieux tes goûts musicaux, peux-tu nous citer cinq morceaux qui t'ont particulièrement marqué ces derniers temps ?

A : Bon, qui m'ont marqué, c'est peut être un peu fort mais voilà les morceaux que j'écoute en ce moment:

Busta et Kelis: 'I love my bitch'
Styles P: 'My favorite drugs'
Ghostface: 'Momma'
Lil Kim: 'Last day'
Mobb Deep: 'Speakin' so freely'

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