Interview The Soul Children

10/09/2005 | Propos recueillis par Nicobbl

Suite de la page 1

A : Pourquoi avoir opté pour ce nom Soul Children ? (toujours étonnant de reprendre le nom d'un groupe qui a déjà existé, même si j'imagine qu'il s'agit d'un hommage).

X : Oui, comme tu le dis c'est une forme d'hommage. Après, on a bien conscience que ça peut bloquer des gens mais c'est aussi, pour nous, une façon d'identifier notre parcours musical.

N : Je considère que le rap ne serait rien sans la Soul. Je trouve que tous les classiques de Hip-Hop ont été faits à partir de disques de Soul. Et j'aime vraiment bien le nom Soul Children (rires). Enfin, si ça bloque des gens, ben tant pis...

A : Comment s'est fait le choix des trois morceaux (Pitch Black, Nas et Jay-Z) qui sont remixés sur cet EP ?

X : On était d'abord partis sur une idée d'album, mais on a assez rapidement changé d'avis. On a préféré sortir une sélection des trois morceaux qu'on estimait les meilleurs, tout en essayant d'apporter des ambiances relativement variées, en conservant cette couleur Soul. Si le Pitch Black est relativement fat, le remix de Jay-Z est plus jazzy et le Nas, lui, tourne assez lentement.

N : Dans notre démarche, il y avait aussi une volonté de ne pas faire comme tout le monde, à sortir des morceaux avec des rappeurs français. Aujourd'hui, quand tu fais ça, les gens jugent avant tout le rappeur, sans faire vraiment attention à la production qui tourne derrière. On a donc décidé de prendre des rappeurs très connus comme Nas, Jay-Z et Pitch Black en estimant que comme ça les gens feront bien plus attention à la musique. On considère que sortir des remixes comme ça constitue une bonne façon d'exposer notre travail.

A : Sortir un maxi de remix c'est aussi une façon de débuter avant de proposer vos productions un peu partout ?

N : Tout à fait, c'est exactement ce qui se passe. On a eu quelques propositions après la sortie du maxi et nos quelques passages radio. On a notamment remixé un morceau d'un rappeur allemand, avec Slum Village. Internet te permet d'avoir des relations avec des artistes du monde entier.

A : Avez-vous prévu de sortir un album composé entièrement de remixes ?

N : En fait la sortie d'un second maxi, avec trois nouveaux titres, est prévue pour le mois de septembre. L'album devrait arriver pour le mois de décembre. Il comportera une quinzaine de remixes. Comme on disait tout à l'heure, on a pas voulu sortir immédiatement l'album, en nous disant qu'il serait préférable d'essayer de se faire un peu connaître avant. En plus aujourd'hui, sortir tout de suite un CD c'est une forme de trou noir. On le voit bien en magasin.

A : Quels étaient vos objectifs après cette sortie ?

X : Dès le départ on savait qu'un maxi de remix de rappeurs américains produit par des inconnus, ça ne se vendrait pas comme des petits pains. L'objectif premier était de se faire connaître, distribuer du vinyle à droite à gauche, faire quelques passages radios...et aussi se faire plaisir. On a sorti ce maxi au format vinyle principalement pour se faire plaisir.

A : Comment se passe votre recherche de samples ? Etes-vous des fouineurs de brocantes, des collectionneurs ou plus simplement vous samplez ce que vous avez sous la main ?

N : On fouine un peu, magasins et brocantes, on a quelques disques...et on a le support que tout le monde utilise, à savoir Internet. Acheter des disques coûte tellement cher qu'on ne peut pas suivre. Déjà sortir un maxi c'est dur, alors on se débrouille.

X : Au tout départ on travaillait avec les disques qu'on avait à la maison. Moi, mon père est portugais, alors j'avais sous la main pas mal de disques de musique portugaise, de la variété française. Nicko avait lui une bonne collection de disques de Funk...et donc oui brocantes, magasins d'occasions...

A : Presser son premier maxi au format vinyle, quand on est indépendant, j'imagine que c'est avant tout pour se faire plaisir, quitte à perdre de l'argent derrière...

N : Presser un maxi au format vinyl, à 500 exemplaires, ça coûte aujourd'hui environ 10.000 francs. Et sur le maxi il n'y a pas de pochette. On a fait l'enregistrement et le mastering chez nous. Après, il te reste les envois promos et compagnie qui font que tu arrives assez vite à 15.000 francs.

A : Qu'est-ce qui tourne sur vos platines en ce moment ?

X: En français, Hocus Pocus qui nous a giflé avec son nouvel album, Logilo, Drixxxé, DJ Mehdi, Ideal J à l'ancienne, Premier dont je suis complètement fan, 9th Wonder. Je considère qu'on est loin d'être des extrémistes mais on est avant tout attirés par des producteurs qui piochent dans le même registre que nous.

N : Tout à fait. J'aime aussi 9th Wonder, Kev Brown, Pete Rock. J'ai acheté dernièrement l'album de Common. Kanye West, à part son ego, c'est très cool (rires).

A : Quelles sont vos sources d'inspiration ?

N : On aime effectivement les producteurs avec une bonne touche Soul mais j'aime aussi écouter d'autres choses. J'aime bien les Neptunes, Timbaland, Rockwilder, je trouve ça intéressant. Après, je considère qu'il y a quelque chose à retirer dans chaque disque.

A : Le mot de la fin ?

N : Venez visiter notre site Internet : www.soulchildrenbeats.net. Plusieurs remixes en écoute et n'hésitez pas à prendre contact avec nous, à nous critiquer. On aime aussi les critiques négatives, ça nous permet d'avancer et de nous remettre en question.

1 | 2 |