Interview Guizmo

07/12/2011 | Propos recueillis par Mehdi

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A : Les premiers rappeurs qui t’ont influencé ?

G : Salif, Nubi et, des années après, Dany Dan. En rap us, il y a eu Tupac et Biggie avec All Eyez on me et Ready to die.
En France, j’ai aussi pris une méga gifle avec Mauvais œil et, ensuite, Temps mort. J’ai toujours aimé Ali sans être complètement fan non plus donc j’étais content de voir Booba sortir un album solo. Ensuite, il y a eu Nubi et Salif.
J’ai beaucoup écouté Chiens de Paille également, la Scred, MC Solaar… Et puis, comme tous les jeunes de mon âge, j’ai écouté des morceaux de Rohff et des choses plus actuelles.
Pour revenir sur Chiens de Paille, je me demande encore comment ils ont réussi à faire un morceau comme "1001 Fantômes". Comment raconter le tumulte d’une personne en 3 couplets…

A : Ta Première rencontre avec les mecs de l’Entourage ? Avec Yonea et Willy ?

G : La plupart de l’Entrourage est parisien alors que je suis banlieusard. Fin 2008-début 2009, je sors de prison et je me retrouve dans un truc de réinsertion dans lequel on peut freestyler, écrire etc… Il se trouve que ça se situe dans le quartier de Alpha Wann. Un jour, il déboule, on freestyle ensemble et il trouve que, pour un mec de rue, je rappe super bien. Du coup, il m’invite à poser un freestyle le soir même pour la première tape du S-Crew. C’était une des première fois que j’allais en studio et, depuis ce moment-là, on ne s’est plus lâché.
En ce qui concerne Yonea et Willy, ils avaient déjà signé tout le S-Crew avant de m’approcher. Ils m’ont dit apprécier ce que je faisais et ça s’est fait naturellement. Yonea a beau être le fondateur d’un label historique, on entretient vraiment une relation familiale. C’est comme un grand frère du quartier. Même si je reste admiratif du travail qu’il fait pour moi, je ne suis pas impressionné à chaque fois qu’il m’adresse la parole parce qu’il a fondé Néochrome. Ou parce que Willy fait du cinéma et a bossé avec la Scred. Pour travailler ensemble, il faut passer au-delà de tout ça.

A : Quels sont les premiers retours que tu as eu sur l’album ?

G : Je n’ai eu que des retours positifs ! Ça fait extrêmement plaisir de voir que des gens me supportent et me suivent. Il s’agit de personnes qui sortent 11,99 euro de leurs poches alors qu’ils pourraient aller mettre le plein dans leur scooter. Ils viennent aux showcases, aux séances de dédicaces… C’est l’accomplissement de la première étape de ma carrière.

A : Tu as vingt ans et on peut t’imaginer un peu tête brulée, pas le genre à se projeter dans l’avenir. Tu te vois rapper jusqu’à soixante piges ?

G : Je sais déjà que j’arrêterai à trente ans maximum…[Longue hésitation] Peut-être que je dis ça à vingt ans mais que je changerai d’avis ? Peut-être que les rappeurs qui n’ont toujours pas arrêté à trente ans passés ne me donnent pas envie de continuer ? Si je dois continuer à rapper des histoires de rue à trente ans pour vendre des CD’s…J’espère qu’à cet âge là j’aurai un pavillon, une femme, des enfants et que je prendrai du bon temps. Si j’arrive à cette situation là, je ne pourrai plus rapper… Je pense qu’il faut être un peu torturé pour rapper.

A : La première fois qu’on a réellement entendu parler de toi, c’était probablement lors des Rap Contenders. Tu as senti l’effet que ça a eu sur ta carrière ?

G : Les Rap contenders ont fait notre buzz. Même si on avait brûlé les open mics avant, on ne pesait rien sur le net. Je n’ai peut-être pas un profond respect pour les organisateurs mais je suis obligé de reconnaître qu’ils m’ont permis de m’exposer et de gagner en notoriété.

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