Interview Random Axe

Random Axe ou le trio Sean Price-Black Milk-Guilty Simpson. Quinze minutes passées au coeur d’un volcan – La Bellevilloise – juste avant son éruption violente.

02/11/2011 | Propos recueillis par Nicobbl avec Jérôme Bourgeois (photographies)

Interview : Random Axe

Il est 20h45. La Bellevilloise commence à déborder de monde. Swift Guad hausse le ton sur scène et fait monter un peu plus pression et température. Un peu comme le bar. On réussit quand même à se glisser dans une minuscule salle juste derrière la scène pour y retrouver le trio Random Axe. A peine cinq mètres carrés, une salle enfumée avec quelques cadavres de bouteilles au sol, un quatre-quarts en guise de ciment pour estomac… et Guilty Simpson, Sean Price, Black Milk, déjà le mors aux dents. Un vrai concentré de testostérone. Le public, lui, semble gueuler de plus en plus fort. Avant d'enclencher le dictaphone, Sean P. prend ses précautions. Il soulève une table et bloque la porte d'entrée avec. Ce soir, il n'est pas d'humeur à être emmerdé. On a une quinzaine de minutes devant nous avant de lâcher les fauves. Inutile de perdre plus de temps.

Abcdr Du Son : A quel moment vous avez décidé de vous retrouver tous les trois pour monter un groupe et sortir un album ensemble ?

Guilty Simpson : En fait j'avais commencé par contacter Sean Price pour qu'il pose un couplet sur mon premier album Ode to the ghetto [NDLR : le morceau "Run" avec Black Milk] Je sais qu'il a regardé un peu d'où je venais, ce que j'avais fait, avant d'accepter. Le reste appartient à l'histoire.

Sean Price : Je suis habitué à être contacté comme ça. Poser un couplet c'est une occasion de faire du fric. Il y avait du fric à prendre, je l'ai pris. Ça a commencé comme ça ! [rires] J'ai vu ce qu'il faisait, écouté des morceaux et là ça m'a claqué à la gueule. J'ai eu envie de faire un album avec lui.

A : Après ce morceau, vous avez voulu en faire un autre ? Ou directement vous êtes partis sur l'idée de sortir tout un album ?

G : En fait, on était déjà d'accord pour faire un album ensemble avant même qu'il ne pose le moindre couplet.

A : Quand on écoute l'album de Random Axe, on a le sentiment que vous avez vraiment voulu rendre une espèce d'hommage à ce rap bien brut de décoffrage…

S : Non, désolé, mais il n'y avait pas de belle histoire derrière tout ça. J'ai pris l'avion, j'ai rencontré Guilty, il m'a joué le beat et j'ai juste posé dessus. Une semaine plus tard, je rentrais chez moi. Ça a été aussi simple que ça.

"Poser un couplet c'est une occasion de faire du fric. Il y avait du fric à prendre, je l'ai pris."

A : Et toi Black Milk,  tu as adopté une approche particulière ?

Black Milk : Je peux sortir plein de beats différents. Notamment des trucs très bruts, genre retour aux sources. Ce projet, c'était très simple : je ne voulais pas sortir des trucs super expérimentaux. Je voulais quand même que ce soit frais et unique. Même si l'approche n'était pas compliquée. Cet album, il ne sonne pas comme un album solo, c'est sûr.

A : Du coup, vous avez envie d'autres projets ensemble ?

B : Ouais, clairement. La réaction du public, surtout sur scène, nous motive beaucoup. En plus, on a réussi à créer une vraie alchimie sur scène. Aujourd'hui, on se comporte vraiment comme un groupe. Tout ça, ça nous donne envie de continuer à bosser ensemble.

A : Vous aviez des objectifs en tête quand vous avez fait cet album ?

S : Non, on voulait juste faire de la bonne musique, c'est tout. Et rester toujours productifs.

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