Interview Kohndo

22/10/2002 | Propos recueillis par Nicobbl avec Aspeum

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A : Ta démarche se situe à contre-courant, est-ce que tu le ressens ça dans les relations que tu peux avoir avec les maisons de disque, les radios, les magazines ?

K : Oui, enfin pas au niveau de la presse, ça doit être le rapport à l'écrit qui fait que tu réfléchis plus sur les choses. Le coté journalistique t'oblige à t'interroger plus sur le fond des choses. Dans les faits, je sais que je suis complètement à contre-courant du seul grand média de diffusion musical. Ils ont opté pour certains codes, ramener le Hip-Hop sur les pistes de danse, c'est un point de vue que je défendais il y a encore cinq ans, mais aujourd'hui ce n'est plus ma pensée. Après, chacun sait ce qu'il a à faire. Dans les maisons de disque, ce qui me gène c'est le contrôle excessif de personnes qui ne connaissent pas notre musique, et la musique en général. Depuis vingt ans, les gens voient la musique comme un produit de consommation, pas comme un art. Moi j'en veux à ces gens qui te mettent de coté simplement parce que tu ne vois pas les choses de la même façon qu'eux. Aux Etats-Unis, il y a une autre vision des choses, les gens vont chercher la nouveauté. En France, plus tu vas être dans la norme, plus tu vas être dans la continuité, plus on va t'aduler. Pareil, en France, si tu pompes le style de quelqu'un, et que tu le fais bien, on va bien t'aimer. Je comprends pas ça. Aux Etats-Unis, tu fais ça on te jette.

A : J'avais lu quelque part que tu envisageais de rapper jusqu'à 40 ans, c'est quelque chose d'assez rare. Si beaucoup se voient produire jusqu'à un age plus avancé, rapper non.

K : Tout ça c'est lié à une vision technique des choses. A partir du moment où tu comprends que ton art se décline à l'infini, que tu peux créer, toujours inventer, il n'y a pas de barrières. Je n'ai pas pour ambition de plaire à la masse, je veux juste être honnête, et ça je peux le faire toute ma vie. Donc, pourquoi m'arrêter ?

A : Le titre de ton album, "Tout est écrit", on peut l'interpréter de plusieurs façons différentes, notamment comme la fin de quelque chose�

K : Le titre "Tout est écrit" c'était avant tout pour dire que si tu veux comprendre mon univers, tu peux juste lire les paroles présentes dans le livret. Il y a plusieurs degrés de lecture, mais dans le sens premier tu réussis à bien saisir. En seconde lecture, "Tout est écrit", c'était à une référence à toutes les péripéties qui ont pu se passer. C'est le destin qui fait que tu rencontres les bonnes personnes, et que les choses se concrétisent. Enfin en troisième lecture, celle que tu as pu avoir, on peut oui peut-être considérer que c'est la fin d'une étape, avant la suite.

A : Quelque chose à rajouter ?

K : Je suis vraiment honoré de pouvoir apporter ma pierre à l'édifice du rap en tant que soliste. Et j'espère que les lecteurs de votre magazine ainsi que les personnes de tout horizons auront la possibilité de le découvrir et peut-être de placer "Tout est écrit" au rang des albums références du hip-hop hexagonal. Peace à tous ceux qui partage une vision positive. Peace à ma Heartclick.

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