Interview Aelpéacha

07/06/2009 | Propos recueillis par Mehdi avec zo. et danydaz187

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A : Tu tournes beaucoup sur scène ou ce n’est pas vraiment ton truc ?

AL : Je fais quelques concerts mais pas énormément.

A : Un peu comme tes clips qui sont assez rares.


AL : Oui, il n’y a pas beaucoup de clips parce que ça ne rentre pas beaucoup de tunes et qu’il n’y a pas beaucoup de budget. En revanche, on a beaucoup d’images mais pas toujours des monteurs pour faire le taf derrière.

A : Au niveau des ventes justement, tu sens que tu t’adresses uniquement à un public d’avertis ou tu as le sentiment que ça s’étend un peu plus ?

AL : On sent que ça s’étend mais ça reste confidentiel. Ca grossit parce que, par exemple, je n’aurai pas donné cette interview il y a trois ans. J’avais eu quelques papiers dans Groove, Radikal, l’Affiche mais vu que la plupart de ces magazines n’existent plus [sourire]. Il y a trois ans, moins de monde me connaissait donc, petit à petit, tout ça progresse. Ca évolue doucement.

A : Internet, justement, a sûrement été un moyen de faire connaître davantage ton son. Par rapport à ça et au téléchargement, tu t’en tapes comme certains rappeurs ou au contraire tu as le sentiment que ça diminue indirectement tes ventes ?


The one and only: DJ QuikAL : C’est un long débat. D’un côté, ça nous permet de vendre plus de disques et de l’autre, on reste énormément restreint. On est restreint parce qu’Internet nique tout le business à l’échelle nationale. Comme il y a beaucoup moins de ventes de disques, on investit moins dans la musique. Parallèlement à ça, on gagne des auditeurs parce que les gens nous connaissent plus facilement mais dans un certain périmètre. Le mec qui vit au bord de la Manche a accès à ta musique et peut acheter ton son alors qu’avant, il fallait que tu aies une promo nationale pour ça.

Là où c’est très intéressant en revanche c’est pour l’international. Ca ouvre énormément de portes et je pense qu’il y a trois choses dans l’avenir : le téléchargement payant, les scènes et les collaborations à l’étranger. Je pense que celui qui voudra vendre des disques en France dans cinq-six ans risque de perdre son temps.

A : Tu es un des rares producteurs français à faire appel à des musiciens. Il y a Seb Jallier à la flûte, S.O.B ou même Zouzou et Tease à la basse et à la guitare sur "J’arrive classique". Comment s’organise le travail avec eux ?

AL : S.O.B est le musicien avec qui je bosse vraiment. Talk-box, guitare, basse, clavier… Il joue d’à peu près tout et chante également. Je bosse les ¾ du temps avec lui et de temps en temps avec d’autres personnes comme Zouzou qui vient de l’équipe Southcide 13. Tease egalement, un guitariste qui avait fait l’album de Reciprok à l’époque, la guitare de ‘Je danse le mia’...

Ce sont des mecs qui ont de la bouteille et qui sont là depuis les années 80 avec des groupes de funk. Pour la flûte, je bossais avec Fred Basile au début et maintenant avec Seb Jallier. Après, il y a pas mal de choristes aussi. Mais mon big up va tout naturellement a mon homie SOB. Très talentueux.

A : Pour l’utilisation de la flûte, c’est un morceau comme 'Lil ghetto boy' qui t’a donné envie d’exploiter davantage l’instrument ?

AL : Non, c’est davantage les productions de Quik qui utilise beaucoup la flûte. Autant, on a l’habitude d’entendre de la guitare dans les morceaux de rap, autant quant tu mets une flûte sur un morceau tu emmènes le morceau vraiment loin. C’est un peu la même chose avec le sax que Terrace Martin et Quik utilisent pas mal en ce moment. On le voit sur les sons qu’ils ont produit pour Snoop ou sur la mixtape de Terrace Martin. Il y a des instruments qu’on n’a pas l’habitude d’entendre sur du rap et qui ouvrent énormément le morceau dès qu’on les utilise.

A : Tu as cité Quik. Justement, est-ce qu’il y a une influence du titre 'Somethin 4 the mood' sur le morceau 'S-ketulassan' étant donné que tu reprends la même mélodie et...

AL : [Il coupe] Non, non, pas du tout.

A : Pourtant, au niveau du synthé...

AL : Ah, nan, tu parles du synthé derrière ? Alors, oui, à une note près, c’est une reprise du synthé de 'Somethin 4 the mood'. C’est effectivement ça, ouais. Sur le son en lui-même, j’ai piqué un truc à Ja Rule [Rires]. Je serais incapable de te donner le titre du morceau mais j’ai pompé les accords d’un son de Ja Rule et Jennifer Lopez.

A : Tu as fait quelques sons à inspiration reggae. Est-ce que ça vient aussi de Quik avec des titres comme 'Tha Bombudd' ?

AL : En fait, il y a une double influence. C’est vrai qu’il y a Quik parce qu’il a mis pas mal de reggae à un moment. Mais c’est aussi dû à mon éducation musicale de 0 à 10 ans. A cette époque là, je n’écoutais que du reggae. Quand j’ai entendu Quik mettre du reggae dans ses prods, j’ai trouvé ça d’une part original parce que c’était assez rare dans le rap et d’autre part qu’il y avait un lien logique avec mes propres repères musicaux. Du coup, je l’ai fait super naturellement.

A : Dans 'Rider c’est pas facile', tu parles de Spice 1. Entre "187 he wrote" et "AmeriKKKa’z nightmare", quel est ton album favori ?

AL : "187 he wrote", sans réfléchir. "AmeriKKKa’z nightmare", j’ai beaucoup moins kiffé.

A : Qu’est-ce que tu écoutes en ce moment ?

AL : J’écoute toujours beaucoup de soul, de funk, de reggae... En rap, j’ai acheté le Dubb Union. J’ai pas tout aimé mais il y a de bons trucs. Après la mixtape, j’attends le Terrace Martin, le Kurupt & Quik... C’est vrai que ces derniers temps, j’aime bien la touche de Terrace Martin.

A : Est-ce qu’il y a un projet qui s’annonce pour l’été ?

AL : Honnêtement, c’est pas sûr que je sois dans les temps. En ce moment, je suis sur plusieurs projets mais c’est assez décousu. On fait notamment l’album des Sales Blancs , le Lil Thug, celui de Driver, le projet avec RD, on fait des morceaux avec MSJ... Il peut y avoir quelque chose pour l’été mais il n’y a rien d’annoncé pour le moment.

A : Un mot de la fin peut-être ?

AL : J’espère que Bigard et Orelsan nous reviendront vite [rires]. C’est vrai, on les aime bien quand même.

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