Article Ballin' & Rhymin'

D'un Master P basketteur semi-professionnel à Jay-Z actionnaire des New Jersey Nets, en passant par les rappeurs occasionnels que sont Allen Iverson, Ron Artest ou Chris Webber, les liens entre l’univers de la NBA et le hip-hop ne manquent pas. A l'heure où débute la nouvelle saison du prestigieux championnat, explication de texte et galerie de portraits de ces acteurs de la balle orange cités entre deux punchlines. Avec, en bonus, une playlist spéciale Basket.

02/11/2008 | Par JB

Article : Ballin' & Rhymin'

A comme… Marv Albert

Cité dans : 'Heat', Common ("Like water for chocolate", 1999)
"I feed off the hunger that a bum or abandoned child gets
Freaky, like Marv Albert
"

Qui ? Commentateur attitré des New-York Knicks pendant près de trente ans, Marvin Philip Aufrichtig incarne à lui seul la voix du basketball, avec ses formules iconiques imitées sur tous les playgrounds de la Terre pour animer les un-contre-un ("A spec-TAC-ular move by Michael Jordan !", c'était lui). Le rap, en revanche, a surtout gardé en tête le scandale sexuel retentissant dans lequel il a été impliqué : accusé de sodomie forcée, de multiples morsures et autres réjouissances en tout genre sur l'une de ses partenaires (chercher "facesitting" dans Wikipedia), Marv Albert s'est fait virer de la chaîne NBC juste après la finale NBA de 1997. Il a retrouvé du travail depuis, mais nul ne sait s'il a toujours pour hobby d'enfiler des sous-vêtements féminins.

A... comme Ron Artest

Cité dans: 'The Truth is back', Chamillionaire ("Man on Fire", 2006)
"Ron Artest of rap ha-ha, look at me now
Single handedly, handle the suckers up in the crowd
"

Ron ArtestQui ? Ron Artest, originaire de Queensbridge, joueur rugueux par excellence. Meilleur défenseur de la ligue en 2004, Artest est All-Star la même année. Ces faits d’arme remarquables sont toutefois vite oubliés quand il s’illustre en novembre 2004 dans la fameuse rixe opposant les joueurs des Pacers à des supporters des Pistons. Après avoir pris une bouteille en pleine tête, il monte dans les tribunes pour en découdre, récoltant au passage une suspension de près d’un an. Un garçon charmant, qui déclarait en 2003 : "Il ne vaut mieux pas qu'ils m'invitent au All-Star Game. Je ne vais pas tirer, mais je vais dominer facilement. Je vais défendre dur, je vais faire des fautes et même des fautes flagrantes. Tout le monde me demandera ce qu'il m'arrive !". On raconte que Ron Artest porte le numéro 93 en référence - au choix - à l'album "93 'til infinity" de Souls of Mischief ou en hommage à son quartier (le chiffre "93" représentant les lettres Q et B). Patron de label à ses heures perdues, il a sorti en 2006 un album de rap, "My World", dans l'indifférence générale.

B... comme Charles Barkley

Cité dans : 'Rebel without a Pause', Chuck D - Public Enemy ("It Takes a Nation of Millions to Hold Us Back", 1988)
"Simple and plain, give me the lane
I'll throw it down your throat like Barkley

Charles BarkleyQui ? Membre de la Dream Team, élu parmi les cinquante meilleurs joueurs de l’histoire de la ligue et maintes fois All-Star, le talent de Sir Charles n’a jamais fait débat. Sa capacité à décrocher une bague de champion, son goût pour la controverse et la baston beaucoup plus. Grande gueule sur tous les terrains, il est aujourd’hui commentateur pour la chaine TNT où il alterne provocations de bas-étage et grosses conneries. Un peu comme Pierre Ménès en fait.

B... comme Len Bias

Cité dans 'Freestyle Rhymes', Chino XL ("Here to save You All", 1996)
"I'm lethal, I gets medieval with a blowtorch and pliers
End your future before it starts like Len Bias
"

Len BiasQui ? Len Bias, numéro 2 de la draft 1986, sélectionné par les Celtics … dont il n’aura jamais l’occasion de revêtir le maillot. En effet, moins de 48 heures après avoir été choisi par Boston, Len Bias décédera d’une arythmie cardiaque, résultant d’une overdose de cocaïne. Issu de l’Université du Maryland, il était considéré comme l’un des meilleurs ailiers à avoir foulé les parquets NCAA, impressionnant notamment par son physique et sa polyvalence.

B... comme Mookie Blaylock

Cité dans: 'Holocaust', Dr Doom ("RZA as Bobby Digital in Stereo", 1998)
"With all that tough talk, I drop bombs like Mookie Blaylock
From the outside or the inside
"

Mookie BlaylockQui ? Meneur de poche au shoot solide doublé d'un esprit de gros défenseur, Mookie Blaylock aura connu une carrière NBA plutôt solide avant de décliner progressivement. Passé par New Jersey et surtout Atlanta, il a eu son lot de fans, à commencer par le groupe Pearl Jam qui à l'origine s'appelait... Mookie Blaylock, avant d'être contraint de trouver un autre blaze. Le groupe d'Eddie Vedder avait même appelé son premier album "Ten" en référence au numéro de maillot de Mookie. Stan n'était pas seul, il avait des potes, musiciens en plus.

B… comme Manute Bol

Cité dans: 'M.V.P.', Big L ("Lifestylez Ov Da Poor & Dangerous", 1995)
"And everytime I’m in a jam I always find a loophole
I got a crime record longer than Manute Bol"

Manute BolQui ? L’histoire de Manute Bol parait extraite d’un téléfilm de Walt Disney. La légende raconte que l’ami Bol gardait des vaches dans son Soudan natal quand il a fait la rencontre d’un recruteur NBA sillonnant le globe à la recherche d’une perle rare. Probablement enthousiaste à l’idée d’empocher une commission juteuse, notre agent aurait embarqué Manute et ses deux mètres trente dans sa valise (attention, c’est une image) direction la capitale de l’oncle Sam. Bon, au final, Bol n’était pas tout à fait une perle rare, plutôt une tige aussi immense que maigre et fragile. Et sans aucune expérience dans le basket. Forcément bête de cirque, sa carrière se limitera à un sacré paquet de contres et une exploitation de son image aux limites des méthodes esclavagistes.

B comme… Sam Bowie

Cité dans : 'Hola Hovito', Jay-Z ("The Blueprint", 2001)
"I ball for real, y'all niggaz is Sam Bowie
And with the third pick, I made the earth sick
M.J., hem Jay, fade away, perfect
"

Sam BowieQui ? En 1984, les Houston Rockets ont bénéficié du premier choix lors de la draft, grande sélection des joueurs universitaires pour le championnat NBA. Leur choix s'est porté sur Hakeem Olajuwon, pivot nigérian qui, une décennie plus tard, leur fera remporter deux titres coup sur coup. A la deuxième place, les Portland Trailblazers, eux, ont décidé de miser sur un autre pivot, Sam Bowie, très en vue à sa sortie de l'université de Kentucky. Ce jour-là, les recruteurs des Blazers ont laissé filer quelques joueurs plutôt intéressants. Parmi eux : Charles Barkley et John Stockton. Dans le lot, il y avait aussi un arrière prometteur, tout juste couronné d'un titre avec l'équipe de North Carolina. Son nom : Michael Jordan. Mauvaise pioche ? Le mot est faible : Bowie connut une carrière anecdotique, minée par les blessures et terminée sur une moyenne maigrichonne de 10 points et 7 rebonds par match. 24 ans après cette bévue, les Blazers courent toujours après une bague de champions.

F comme... Rick Fox

Cité dans : 'N.B.A', Kool Keith ("Spankmaster", 2001)
"Pass the basketball around and go tell
Smoother than Rick Fox puttin on his hair gel
"

Rick FoxQui ? Le beau gosse de service, donc très énervant. Rendez-vous compte que ce garçon, en plus d'avoir été triple champion NBA avec les Lakers, aura épousé une Miss America et a pu se reconvertir dans le cinéma une fois en retraite. Comme il y a une justice, il a divorcé depuis et sa carrière se limite à des apparitions un peu anecdotiques, mais le bellâtre gominé a tout de même réussi à se trouver une place dans des séries marquantes comme "Oz" et "Ugly Betty". C'est également lui qui fait découvrir à Ray Allen les joies du partage de groupies dans le "He got game" de Spike Lee. On ne doute pas une seconde qu'il s'agissait là d'un vrai rôle de composition.

1 | 2 | 3 | 4 |