Interview Show (D.I.T.C.)

Le 9 février dernier marquait le neuvième anniversaire de la mort Big L. En son hommage, notre Main Invisible a réalisé une série d'interviews avec les producteurs du D.I.T.C. C'est Show (de Show & A.G.) qui ouvre la marche. Il nous parle de son parcours, sa technique et évoque la mémoire de Lamont "Big L" Coleman.

06/04/2008 | Propos recueillis par The Unseen Hand avec JB | English version

Interview : Show (D.I.T.C.)

Abcdrduson : Je ne suis pas sûr que tu aies vraiment à te présenter mais peux-tu le faire pour nos plus jeunes lecteurs ?

Show : Je suis Show du DITC, le crew légendaire. Origine Bronx, New York. Je fais ce job depuis plus de dix ans.

A : Quelle a été ton éducation musicale ?

S : J'ai connu le hip-hop à ses premiers pas, dans le South Bronx, du temps où il n'existait que dans les parcs. En grandissant j'ai appris à être DJ avec l'aide de mes cousins. Je faisais des fêtes dans tous les coins du quartier et des petits shows à droite à gauche. Et puis Marley Marl a débarqué avec un sampler SP 1200 et de là j'ai commencé à bosser côté production.

A : En quoi le fait d'être DJ t'a permis d'être un meilleur producteur ?

S : Quand tu es DJ, tu passes ton temps immergé dans la musique. Tu en entends tout le temps, alors elle t'accompagne. C'est un peu comme un joueur de basket : s'il passe son temps sur les terrains, il ne peut que s'améliorer. Avec la musique, c'est pareil : plus tu baignes dans la musique, mieux tu comprends la façon dont elle se fait et comment elle est structurée. D'ailleurs, les meilleurs producteurs ont d'abord été DJ : si tu fais des DJ-set ou des soirées en club, tu auras une longueur d'avance sur quelqu'un qui n'a jamais touché des platines.

A : Quelle était ton approche en entrant dans le rap ?

S : A l'époque, l'approche c'était d'avoir de grosses rythmiques, il fallait que ça rebondisse. Donc il fallait mettre l'accent sur  ta programmation de batterie et ta ligne de basse plus que tout autre chose.

A : A tes débuts, il y avait beaucoup de styles différents dans le hip-hop. C'était difficile de te faire un nom à l'époque ?

S : En fait, je n'essayais pas de me faire un nom. C'est un concours de circonstances. Je faisais de la musique pour que les gens l'écoutent. Je n'imaginais pas une seconde que ça puisse avoir un quelconque impact. Finesse a sorti un disque, c'était un bon pote à moi dans le quartier. Non, vraiment, je voulais juste qu'on écoute ma musique.

A : Comment as-tu rencontré A.G. ?

S : Je l'ai rencontré par l'intermédiaire de Lord Finesse. Il l'avait vu lors d'une battle de MC's et il avait kiffé. Ils sont devenus amis et quand Finesse a commencé à bosser sur son album, il a invité A.G. à y participer. J'étais aussi dessus, et c'est là qu'on a fait connaissance.

A : Comment est né l'idée du DITC ?

S : Diamond et moi, on a lancé la production DITC à force de faire du son et d'aller à la recherche de disques ensemble. Diggin' In The Crates Production vient de là. Dès qu'on s'est lancé, on a donné le nom à tous les gens qui nous étaient liés.

A : J'imagine que le fait de travailler avec Diamond, Buckwild et Lord Finesse, ça a du t'aider à progresser…

S : Carrément ! Quand on était tous ensemble, on était les meilleurs parce que chacun apportait son style et ses idées. A ce stade, je ne serais pas le même producteur si je n'avais pas connu Diamond et Diamond serait aussi un autre s'il ne m'avait pas connu. On tient toujours la route mais on était meilleur quand on travaillait ensemble. Quand tu restes au contact de gens très créatifs, toi aussi tu deviens créatif. C'était une compétition amicale qui te pousse à te concentrer sur ton travail de producteur.

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