Interview Djimon

Auteur d'un premier album 100% autoproduit avec des MCs rencontrés sur le net, Djimon revient sur une expérience atypique, entre nécessité, envie et challenge personnel. "Real shit".

26/11/2006 | Propos recueillis par Shadok

Interview : DjimonAbcdr du son : Présentation ?

Djimon : Je m'appelle Djimon. Pour retracer rapidement le parcours, j'ai commencé en 1993-1994 en tant qu'MC dans un groupe, jusqu'en 1996. On n'avait pas de son, alors j'ai commencé à être DJ en 1993. On a été pas mal dans les radios, notamment à Black Box, qui existe toujours. De là j'ai bossé avec le groupe La filiale. Et c'est vers 1997-1998 que j'ai vraiment commencé à peaufiner mon style. J'ai continué jusqu'en 2000 avec La filiale puis j'ai fait un break niveau son de presque un an parce que ça se passait pas super bien avec le groupe. Un mec qui s'appelle Watson m'a alors demandé de faire du son pour lui, sachant que j'avais complètement arrêté et il a réussi à me remotiver. Et donc depuis 2001 je n'ai pas arrêté.

A : Sur ta bio tu fais référence à toutes tes influences : Pete Rock, Jay Dee etc, Des producteurs d'une même époque. Pour toi c'est plus un son ou une période à laquelle tu t'identifies ?

D : C'est un peu des deux en fait. Au niveau de l'époque j'ai vraiment bloqué sur ce qui se faisait en 1996, 1997, 1998. Autant en rap ricain qu'en rap français. De ce côté-là c'est au niveau de l'époque. Et forcément au niveau des prods je me retrouve plus dans toutes ces prods disons East coast, tout ce qui est Primo, Jay Dee, Pete Rock. Plus que la west coast par exemple.

A : Sur les 16 titres de ton album, tu essaies de garder un style, malgré le fait que ça fasse "compil" ?

D : Ce que j'ai toujours essayé de faire en faisant du son c'est de ne pas me restreindre. D'avoir un panel de sons le plus large possible. J'essaie de ne pas me cantonner dans un style particulier. D'ailleurs ces derniers temps les dernières prods que j'aborde j'essaie de sonner un peu plus instrumental dans le sens acoustique. Et dans un autre côté j'essaie de m'attaquer à tout ce qui est R&B, tout en restant dans mon style.

Image A : Et niveau config, tu bosses avec quoi ?

D : Chronologiquement, j'ai commencé à bosser avec un vieux sampler Yamaha, un truc qui ne coûtait pas très cher. Ensuite je suis passé au S900, que j'ai toujours. Et actuellement je bosse avec un logiciel qui s'appelle Reason, qui sépare les pistes. C'est un logiciel super professionnel dans lequel tu retrouves tous les éléments d'un studio pro'. Je bosse avec depuis 2001. Récemment j'ai fait l'acquisition une MPC 2000XL, que je commence doucement à maîtriser. J'ai le temps je suis pas pressé

A : Par rapport à "Real shit", ton album, comment t'’es venue l'idée de sortir un disque avec uniquement des MCs ricains ?

D : En fait l’idée de base c’était de faire une mixtape avec des rappeurs que je trouvais sur les chats de Yahoo, sur le net. En fait ce qu’il y a de marrant sur les chats de Yahoo c'est qu'il y a des endroits où les gens peuvent parler et pas uniquement chatter. Je suis tombé sur une section où il y avait pas mal de rappeurs et je m'étais dit que j'allais essayer de rentrer en contact avec les meilleurs. Et j'ai vu qu'il y avait pas mal de MCs intéressant alors je me suis dit qu'au lieu de faire une mixtape pourquoi pas faire un album. Je me suis lancé là-dedans doucement en 2002, j'ai mis le temps qu'il a fallu en faisant tout par Internet, et au final ça ressemble plus à un album qu'à une mixtape.

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