Interview Sheek

Visiteur assidu des forums hip hop et auteur d'innombrables morceaux mis en ligne sur son site, Sheek était-il encore un mystère pour quelqu'un ? L'entretien suivant ne fait que confirmer ce que la plupart avait compris : au delà des prises de position radicales, Sheek est un artiste passionné, débordant d'énergie et à l'espoir communicatif.

04/01/2003 | Propos recueillis par Aspeum avec Shadok

Interview : SheekAbcdr du son : Sais-tu quel public a écouté tes albums ? Est-ce celui que tu voulais toucher ?

Sheek : C'est difficile à estimer. Avec les retours, je suis au courant pour certaines personnes. Mais pour la majorité, je ne sais pas à quoi ils ressemblent, quel âge ils ont ou quel pays ils habitent. Mais je n'ai voulu toucher personne en particulier. Par contre, je suis bien content que certaines personnes aient été touchées, parce que ça me conforte dans les relations que j'avais pu avoir avec elles via internet, parce qu'elles ont dépassé la façade de "Sheek l'aigri". Donc, je suis content ; se voir réduire à un ou deux morceaux, c'est flippant. Moi, je sais ce que ça vaut, mais les mecs sont un peu te-bê : ils s'avancent beaucoup, mais ils n'ont rien écouté.

A : Quelle est l'utilité de mettre une biographie ultra-détaillée sur ton site ?

S : Je sais que tu es gêné par certains morceaux des albums que tu trouves trop intimes. Moi, j'essaye de faire un maximum de transparence. Après, les gens se servent. Mais dans ma vie, j'ai trop eu l'impression d'être victime de mensonges, de cachotteries, de conjurations, pour ne pas faire preuve de transparence. Les infos sur mon site, je les mets tout le temps à jour. Ca me paraissait important de mettre à disposition mon cursus pour les gens qui veulent s'y intéresser, et pour éventuellement le mettre en parallèle avec les morceaux, de façon complémentaire. Des gens racontent leur vie dans leurs morceaux, pour moi, c'est interdit, c'est trop un truc de baltringue.

A : Quels ont été les retours sur les quatre albums sortis fin septembre ?

S : J'ai l'impression d'avoir eu une bonne majorité de bons échos, parce que je pensais que ça allait être pire. Après, il y a eu les réactions sur le site : "Le site pue", "Il y a trop de trucs", "T'es aigri, jaloux", "Ta musique pue", etc., les réactions classiques maintenant. Mais je ne les prends pas en compte. A part si elles amènent des arguments qui me font douter, mais en l'occurrence, je n'en ai pas eues.

A : La critique que j'ai vue le plus souvent concernait ton "flow old school" : qu'est-ce qui, dans ton flow, provoquent cette réaction chez tant de gens ?

S : Le fait est que je ne rappe pas comme une grande majorité de gens rappe aujourd'hui. Après, je ne peux pas donner d'exemples qui pourraient être retranscrits à l'écrit. Pour moi, le rap, c'est le côté peps, dynamique. Beaucoup de choses rentrent en ligne de compte, comme les jeux rythmiques. Mais pas ceux que j'entends à l'heure actuelle. Alors effectivement, si j'utilise des jeux rythmiques et une dynamique qui n'existent plus, oui, je dois être old school. Mais souvent, les gens parlent de flow old school comme quelque chose de péjoratif : ce qui n'est pas neuf ne serait pas beau. Alors, dans ce cas-là, détruisons toutes les statues. En tous cas, old school, ce n'est pas une insulte pour moi. Je sais ce qu'ils veulent faire passer comme sentiment à travers cette expression : "T'es ringard". Mais je laisse parler, parce qu'il y a d'autres choses qui vont arriver.

A : Tous tes textes comportent des " / " : à l'écoute des morceaux, ça correspondait à quoi ?

S : Quand j'écris à la main, je mets des " / ", pour moi-même, pour noter les endroits où je rebondis, où je vais lâcher une syncope. Ce n'est pas forcément audible, parce que ce ne sont pas des temps d'arrêt. J'ai tout un langage à moi, fait de points et de traits, mais le fait que ça se retrouve sur le site n'est qu'une incidence du copier-coller de mes textes sur le site. Ce n'est pas destiné à l'auditeur. Les " / ", je les laissais en pensant que les gens capteraient. Bon, toi, apparemment, t'as pas trop capté... Pour moi, ce sont simplement des repères, sans que ça soit un solfège précis qui m'oblige à toujours faire de la même manière. Mes morceaux, c'est pour moitié la trame, pour moitié freestyle. Je laisse toujours une part à la sensation.

A : Donc ton flow n'est pas prédestiné par ton écriture ?

S : Pas complètement. Pour les morceaux où il y a des pseudo refrains, des simili bridges, il y a effectivement une structure, mais je ne vais pas forcément retomber de la même manière sur mes pieds. Je ne pourrais pas te refaire la partition rythmique exacte, comme celle d'un batteur. Par exemple, Eh !, je savais où étaient certaines rimes, certaines syncopes, mais je ne pourrais jamais le rapper deux fois de la même manière. Et il y en a beaucoup pour lesquels c'est pareil. Les seuls écrits de manière carrée, ça va être des textes comme 'Bats-toi'. Mais là, c'est aussi un respect par rapport au moment où ça a été écrit et par qui ça été écrit. 'Bats-toi', c'est Richy qui l'a écrit. Celui-là, je le rapperais deux fois pareil. 'Touche sa bille V.2.0'. aussi, parce qu'il a été écrit de façon à rebondir d'une manière orthonormée propre à Nec Plus Ultra. Mais c'est difficile de parler de flow parce qu'il faudrait pouvoir écouter des exemples en même temps.

A : Définition d'une syncope ?

S : C'est un contretemps. [Il fait la démonstration d'un beat type Funky Drummer, puis rajoute des syncopes dessus ; impossible à retranscrire, malheureusement]. C'est très répandu dans le jazz. C'est le fait de tomber entre les temps forts. C'est une saccade en quelque sorte.

A : Pour toi, le flow doit-il avoir un intérêt en soi, ou est-il simplement la forme que tu juges la meilleure pour faire passer ton texte ?

S : Il y a des thèmes qui ne se prêtent pas du tout au rap. En fait, c'est plus une question de conviction, de manière d'amener le propos. C'est ça qui m'importe. Dans mes propos, j'essaye de ne pas dire n'importe quoi juste pour faire du style. Mais ça ne veut pas dire que c'est la meilleure forme : ce sont des "affriolances", des fioritures, des agréments pour l'oreille. Et ça crée un double intérêt : le texte et la forme. Attirer l'attention par la forme pour mettre en avant le fond. Mais ce n'est apparemment pas un bon calcul puisque ça rebute un certain nombre de gens [sourire]. Moi, cette dynamique, ce ton, cette diction, ça me parle, ça me parait être la bonne manière d'impacter. J'entendrais ça, je me sentirais interpellé, parce que je sentirais que le mec essaye de faire passer quelque chose. Alors, s'il y a beaucoup de gens qui m'ont dit que c'était old school, beaucoup d'autres m'ont dit que ça sonnait vrai. Et c'est pour moi le plus important.

A : Tu dis que tu serais interpellé, mais j'ai aussi lu de ta part que si tu entendais tes morceaux, ça ne te plairait pas. La création est plus importante pour toi que le résultat final ?

S : Exactement. On, c'est-à-dire Nec Plus Ultra, laisse une grande part à la sensation et au feeling. On intègre les "pièges à aléatoires", comme les appelle Noël. La création est le moment qui m'importe vraiment ; le reste, c'est presque une contrainte, parce que tu casses quelque chose. Donc, oui, si j'entendais mes morceaux, ça ne me plairait pas forcément, mais ça me ferait me poser des questions, parce qu'il y aurait certainement une espèce d'empathie qui naîtrait. Mais je trouverais peut-être le moyen de dire que ça pue. Parce que je pense qu'il y a mieux à faire. Au moment où je concrétise le truc, c'est bien, mais il faut passer à autre chose après, créer quelque chose d'autre.

A : Donc, tu peux comprendre que certaines personnes aient cette réaction par rapport à tes morceaux ?

S : Je peux le comprendre, mais difficilement le concevoir malgré tout à partir du moment où ces gens ne sont pas des créateurs. J'ai beaucoup de mal avec les gens qui achètent des disques comme on pourrait acheter une cannette de Coca et tirent des conclusions dessus. J'adore parler avec des gens qui pondent des trucs, qui élaborent des choses : c'est enrichissant. Quand tu fais un truc, tu as envie d'avoir des retours dessus, mais finalement, ça n'apporte pas grand chose. Et quand ça a beaucoup de succès, ça tue plein de choses. Alors que quand tu n'attends pas de retours, tu ne vas pas dans le sens du poil, parce que c'est trop facile. C'est en rapport avec ma vision du hip hop, qui évite la facilité. [Il imite un beat simpliste sur lequel il rappe sans conviction]. Ca, c'est interdit.

A : "Le terme technique, s'te plaît, l'emploie pas, parce que t'en as pas" : ta définition de la technique ?

S : Il y a l'aspect technique-bourrin, où le gars ne peut être que technique et c'est saoulant. Et il y a la technique qui te donne de l'aisance dans tes talents d'improvisation. Un grand pianiste classique ou un grand guitariste jazz ont acquis un certain niveau de technique avant de pouvoir faire de l'impro. Là, la technique, ça veut dire quelque chose : tu sens si le mec en a ou pas, à travers l'éventail qu'il propose. S'il le mec rappe toujours pareil sur des beats qui vont toujours à 90, 95, voire 100 bpm quand il n'est pas asphyxié, avec cent mots de vocabulaire - parce que ça fait autant partie de la technique que la diction -, il n'a pas de technique. Parce que s'il en avait, il rapperait de plein de manières différentes. Ca me parait évident.

A : Un musicien acquiert de la technique avec de l'entraînement. C'est pareil pour toi ?

S : Oui, en écrivant. En cherchant des idées différentes à chaque fois, ce que peu de gens font apparemment. Quand j'entends des mecs comme Passi, je me dis qu'il a écrit son rap dans les chiottes. Il était entrain de chier, il a pris une feuille de PQ, un stylo, et il a écrit. Pour relativiser, le rap que je lui ai écrit n'est pas si incroyable que ça. Mais c'est juste une provocation, comme les morceaux écrits pour les autres. Maintenant, s'ils répondent, je les défonce techniquement. Les morceaux qui existent, c'est simplement pour faire des topos sur leur gueule et pour les provoquer. Le but, c'est d'arriver à un truc oublié mais qui me fait rigoler : le défi. C'est là où l'on voit où sont leurs intérêts, si le rap n'est qu'un prétexte ou si c'est quelque chose qu'ils ont en eux. Un gars comme Shaolin, ça se sent qu'il aime le pera. Même si je n'aime pas tout ce qu'il fait, ça fait plaisir. Alors que ceux à qui je m'adresse, non. J'aimerais bien des plan battles, comme en break, rien que pour rigoler. Bon, après, je leur crache quelques vérités, qui font mal même sans technique.

A : Quand tu rappes, tu restes Sheek ou tu deviens quelqu'un d'autre ?

S : Peut-être qu'il y a des facettes inhibées qui ressortent. Dans certains morceaux, je crée des personnages, mais ce n'est plus du rap. Mais à part ça, quand je dis "je", c'est du premier degré, même si c'est "invectif". Quand j'enregistre, je concentre une énergie pour la balancer, mais ça reste moi. Après, les différences avec la façon dont je parle maintenant s'expliquent par les caractéristiques techniques relatives à la création artistique. Sinon, il n'y a pas vraiment de choses jouées. Il y a un peu de schizophrénie, c'est tout [rire]. Mais c'est normal, tout le monde a plusieurs facettes. Aujourd'hui, dans le pera, j'ai l'impression que les gens ne veulent exprimer qu'une seule chose. Ca me fait bizarre... Ou alors ils s'expriment mal et font des soupes de tous leurs sentiments pour n'en sortir qu'une seule chose. Quand on écoute tous les albums qui sont disponibles sur mon site, il en ressort différentes choses, je pense, différents tons, qui sortent du rap conventionnel.

A : Est-ce que la prononciation, l'intonation et le timbre de la voix sont des éléments que tu travailles ?

S : La prononciation, je m'efforce. J'écris de manière à ce que ça soit compréhensible avec une certaine prononciation et un certain débit. Après, il y a trucs enregistrés qui ne sont pas très clairs, mais que je laisse parce qu'il y a un sentiment fort et peu importe alors le fait que ça soit pas bien prononcé. Le ton, c'est évident que c'est travaillé. Ca fait partie de l'aspect rythmique : les accentuations deviennent des façons de faire grimper ou redescendre les trucs. Le timbre, pareil. Un chanteur qui chanterait avec sa voix parlée, ça n'irait pas. On peut faire du rap parlé, mais encore une fois, faire que ça, c'est fatiguant.

A : Toutes les déformations de voix dans les albums sont là pour créer des émotions à partir du timbre même ?

S : Oui. Après, ça marche plus ou moins bien. Comme beaucoup de rap sont "freestylés" rythmiquement, l'intention arrive comme elle arrive. Donc, les effets permettent de souligner après coup certains passages. Dans 'Icare', c'est un choix de Noël. Il a carte blanche à mille pour cent, quand il fait le mix. Je lui donne le truc les yeux fermés, je n'ai jamais rien à redire. Je ne connais pas un mec qui a plus de feeling que lui, dans la musique comme dans la danse. C'est un mec qui a tout compris. L'important, c'est d'être cohérent avec les idées de départ, donc, vu qu'il les connaît, il va dans ce sens-là, avec ses propres apports.

A : Si Noël avait définitivement laissé tomber, tu aurais continué tout seul ?

S : Non, je n'aurais rien enregistré. Tous les derniers trucs, je les fait parce que j'avais fait le premier album, et je ne l'aurais pas fait tout seul. J'aurais peut-être fait un pauvre truc pouilleux sur MD. Alors qu'on a fait ça avec du matériel sérieux.

A : Le rap, c'est quoi pour toi : une passion, un exutoire, un mode d'expression, un hobby ?

S : Les quatre. Une passion, c'est sûr et certain. Je ne pense pratiquement qu'à ça. Un exutoire, c'est sûr aussi, pareil pour un mode d'expression. C'est pratiquement pareil, pour moi. Un hobby, oui, c'est un passe-temps, mais pas au sens où je ne sais pas quoi faire de mes journées, hein, c'est une envie en permanence. Je m'endors avec des mots, je me réveille avec de nouveaux, j'ai toujours de quoi noter dans ma che-po. Putain, j'ai fait des rimes, là ! [rire]

A : Est-ce que tu as déjà écrits des textes qui n'étaient pas destinés à être publiés ?

S : Oui, plein. Mais je les mettrais peut-être, même s'ils ne sont pas destinés à être mis en ligne.

A : En France, on entend souvent les rappeurs déclarer ne pas s'imaginer rapper la quarantaine passée. Dans 'La rapomanie', tu prétends être "prêt à rapper toute ta vie"...

S : [éclat de rire] Sans problème. Pourquoi je ne rapperais pas après quarante ans ? C'est démonstratif de leur mentalité. Pour moi, c'est viscéral. Ca ne veut pas dire qu'à quarante ans je rapperais comme aujourd'hui, mais j'aurais encore des choses à dire. C'est quoi cette barrière bidon ? Ca veut dire qu'ils sont là pour prendre de l'argent tant qu'il y en a avec un public jeune.

A : Tu qualifies Nec Plus Ultra d'inclassable. Vous faites du rap, non ?

S : Oui, effectivement, ça ressemble à du rap. Mais le rap, ce n'est qu'un moyen d'expression. Le mot n'existerait pas, ça ne serait pas bien grave. Et "Sheek V", ce n'est pas du rap pour moi, ou ce n'est pas que du rap, en tous cas. L'ensemble des albums ne contient que quelques morceaux rap, c'est tout.

A : C'est quoi le reste, alors ? Tu sembles avoir une définition ultra précise de ce qu'est le rap...

S : Oui, c'est vrai. Après, certaines personnes me disent qu'elles considèrent que ça ou ça, chez les autres "rappeurs", c'est du rap, et je comprends pourquoi. Mais je suis assez obtus sur la question. La question du peps, elle est indispensable. En tous cas, Nec Plus Ultra/T.C.G. ça reste inclassable par rapport à des trucs qui sont facilement classables rap.

A : Tu es arbitre du tournoi de keystyle qui se déroule en ce moment sur le forum de Shaolin. Tu portes quel jugement sur le principe du keystyle ?

S : Au tout départ, je trouvais ça naze, même si j'avais vu qu'il y avait des gens qui avaient un talent pour écrire des trucs sympas. Puis j'ai révisé mon jugement. Personne n'a dit que c'était du rap : c'est du keystyle. Donc, il faut le prendre pour ce que c'est. Toutes les réflexion du type : "On verra quand tu rapperas", ça sert à rien. En fait, il faut prendre le keystyle comme un nouveau truc. Je ne vois pas pourquoi ça serait naze en soi. Surtout que c'est bon enfant, il y a de bons trucs qui ressortent, c'est plutôt sympathique. Bon, il y a l'aspect internet qui me saoule toujours un peu, parce qu'il laisse penser que les gens ne font que ça. Personnellement, en tant que mec qui péra, je préfère entendre du pera. Donc, si les mecs rappent en plus, c'est encore mieux. Et s'ils rappent bien, c'est encore mieux-mieux.

A : Shaolin a pris une autre identité pendant un tournoi de keystyle, pour tester l'impact d'une écriture différente de la sienne, plus légère sur le fond. Ce genre d'expérience, l'exercice de style, ça te tenterait ?

S : Qu'il ait gagné comme ça, c'est une magnifique expérience. C'est bien d'avoir pris son temps pour faire ce genre de truc. Ca ne sert à rien, sauf pour quelques personnes qui voient ce que ça révèle, mais c'est très bien. Je n'avais pas bien compris l'histoire. J'ai un rêve, que je ne ferais jamais. J'ai bien été porté par l'idée de commercialiser un rap super orthonormé, avec les paroles, les musiques, les voix que les gens kiffent. Ca, je sais le réaliser. Il suffit d'appliquer des gabarits, et de mettre la promo derrière. L'idée est qu'au moment où ça marche bien de finir par dire: "Mais vous kiffez de la merde !". Mais il faudrait mettre trop d'énergie au final, pour un truc qui ne servirait à rien. Mais ça serait l'expérience ultime et un sacré vrai concept mais justement trop de calcul. Oui, le gros problème, c'est qu'il faut rentrer dans un trip, mentir à des gens, se mentir à soi-même, et ça, je ne pourrais pas. Par contre, 'Raparodie', c'est un peu ça, dans l'idée : "Mais vous kiffez de la merde !".

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