Interview Dam's

Depuis le remarquable maxi de Punchline, le label Get Large réussit patiemment à établir une connexion solide entre Paris et New York, sous l'impulsion de "6" et des producteurs Dam's et SLA. A quelques mois de la sortie de l'album "Please... believe it" ! (feat. Infamous Mobb, Guru, Masta Ace), Dam's répond à notre questionnaire producteur.

19/10/2003 | Propos recueillis par JB avec Rémi

Interview : Dam'sLES DEBUTS

Abcdr : Première instru marquante entendue ?

Dam's : 'The Message', Grand Master Flash, j'étais vraiment jeune et ça m'a marqué ce truc !

A : Comment es-tu arrivé à la prod ?

D : J'étais rappeur à l'époque et comme personne ne voulait me faire de beats, je me suis mis à la prod. Puis, progressivement, j'ai abandonné le rap pour me consacrer essentiellement à la prod.

A : Rétrospectivement, quel regard portes-tu sur tes premières instrus ?

D : Assez scandaleuses il faut l'avouer… mais bon… Comme elles ne sont pas trop sorties, ca va encore…

A : Ta manière de travailler a-t-elle évolué ?

D : Oui, au début, j'utilisais surtout des breakbeats auxquels j'ajoutais des mélodies ou des samples divers alors qu'aujourd'hui je sample, puis je rajoute un beat et une basse parfois.

A : On imagine New York comme un immense vivier de producteurs talentueux, comment avez-vous réussi à y trouver une place en tant que Français ?

D : Tout d'abord, relativisons notre place à NYC, nous ne sommes encore que des "petits" là bas avec tout à prouver. De plus, énormément de producteurs New Yorkais composent des beats à tendance "electro", tout le monde est "à la recherche du Hit Dance Floor" car c'est la facon la plus rapide de s'élever au rang de producteur "HOT" sans passer des années à attendre. Nous, en arrivant avec des beats "soulful", on a tout de suite été bien reçu, car la soul touche tout le monde que tu sois un MC freestylique ou plus posé ; on est arrivé au bon moment avec les bons beats.

LA TECHNIQUE

A : Premières machines ? Machines utilisées actuellement ?

D : Au début un S3000 avec un atari 1040Ste comme séquenceur. Actuellement : MPC2000xl, SP1200 et ATC1 Cameleon.

A : Ton avis sur la production assistée par ordinateur, sans samples et sans vinyls ?

D : Un manque de chaleur évident…

A : Boucle ou composition ?

D : Boucle de Soul essentiellement.

A : Tu t'imposes des limites dans le choix des samples ? Genres proscrits ?

D : Je n'utilise pas de boucle deja utilisée dans des morceaux "classiks" du HH.

A : Méthode de travail : par quoi commences-tu : beat, basse, sample ?

D : Je sample, puis je pose un beat et je joue une ligne de basse si nécessaire.

A : Où trouves-tu tes kits de batterie ? Pour ou contre l'utilisation de kits issus du rap ?

D : J'utilise surtout ceux de la SP1200 et des kits que je sample sur de la Soul.

A : Arrives-tu à écouter des disques en entier sans y chercher, même inconsciemment, de la matière à sampler ?

D : Nan, on est constamment a la recherche de la boucle qui defonce… 24/24 !!

A : Le fait de vivre et de travailler à New York influe-t-il sur ton inspiration et ta manière de produire ?

D : Disons que l'on est plus vite au courant de ce que le public et les MC's recherchent…Sinon l'ambiance assez "urbaine" de NYC peut parfois t'inspirer. Exemple : si dans l'aprèm', tu as traîner à QB, tu auras du mal à faire un beat "peace" et tu vas plutôt chercher la boucle bien sombre.

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