Interview Sefyu

La sortie de Oui, je le suis était l’occasion de retrouver Sefyu. De revenir sur son parcours, entre questions identitaires, Sénégalo-Ruskov, New-Jack City, jeu collectif et place du rap dans le paysage musical français. Molotov en direct du G8.

15/10/2011 | Propos recueillis par Nicobbl avec JB | Photos : Jérôme Bourgeois

Interview : Sefyu

A : Pour ton dernier album, Oui, je le suis, tu avais commencé par diffuser un teaser du clip et morceau "L’allumeur de mèche." Au final, le clip n’est jamais sorti. Que s’est-il passé ?

S : Il y a eu des désaccords autour de la production de ce clip entre mon équipe et le label. On n’a pas réussi à joindre les deux bouts, et du coup on n’a jamais sorti le clip. Ce qui était véhiculé en images n’était pas du tout ce qui avait été écrit dans le synopsis. Même si le teaser était pas mal, on a demandé des modifications qui n’ont jamais été prises en compte. Du coup, on a préféré ne pas prendre le risque de sortir un clip qui n’était pas en adéquation avec mon image.

A : Le relatif retard dans la sortie de l’album vient justement de ces problèmes ?

S : Non, pas spécialement. Je ne suis jamais vraiment arrêté sur le fait de sortir un clip pour enchainer sur l’album. Tu as des artistes qui veulent sortir trois-quatre clips avant l’album. Ça n’est pas du tout ma conception des choses.

Les négociations de contrats autour de l’album et tous les aspects liés au business m’ont pris beaucoup de temps. En fait j’ai commencé à enregistrer l’album, et j’ai été arrêté pour me concentrer sur les négociations. Je n’ai repris que lorsque les négociations étaient terminées.

En plus de ça, j’ai eu pas mal de contraintes personnelles. On a beaucoup vadrouillé pendant quatre-cinq ans et, du coup, on s’est peu occupé de la famille. C’est un peu comme lorsque tu tombes malade, parfois ça peut être un bien, dans le sens où ton corps rejette les microbes. Ça m’a permis de prendre un peu de recul et de gérer les à-côtés.

"Les gimmicks font partie de mon identité, comme le Ruskov, Molotov, le "clac-clac" du chargement."

A : On sent que tu portes un soin très particulier à ton image. C’est particulièrement marquant sur tes clips, très chiadés, je pense notamment à celui de "Molotov 4" ou à "Turbo".

S : C’est important pour nous. On est une équipe à travailler dessus. Il y a Fouad, le photographe [NDLR : Fall Design], avec qui je bosse depuis le début, mais aussi Nathalie Canguilhem qui a réalisé les clips notamment de "Molotov 4" et "Turbo." On veut soigner l’image. En sachant que j’ai une image assez distincte des autres. J’ai toujours la casquette baissée, visière plus ou moins sur les yeux. J’ai aussi un code couleur bien précis, avec du noir et du rouge régulièrement. J’ai toujours plaisir à bien présenter, à ma manière, avec des sapes, des casquettes différentes sur les plans. On est assez minutieux sur toutes ces petites choses. Ça permet aussi à un artiste d’avoir ses particularités.

A : Un de tes traits marquants, c’est aussi ton utilisation régulière de gimmicks. Quelles sont tes inspirations à ce niveau ?

S : Les gimmicks font partie de mon identité, comme le Ruskov, Molotov, le "clac-clac" du chargement. Quand j’ai fait un morceau comme "La vie qui va avec", ça a lancé une donne et ces gimmicks ont inspiré beaucoup de gens.

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