Interview La The Darkman

MC de la nébuleuse Wu-Tang à 17 ans, président du Apphiliates Music Group dix ans plus tard : La The Darkman raconte à lui tout seul une décennie de hip-hop, de New York à Atlanta. Avec nous, il revient sur le passé des années Wu-Tang, le présent (son nouvel album) et le futur : son petit frère Willie The Kid.

10/08/2008 | Propos recueillis par The Unseen Hand | English version

Interview : La The DarkmanAbcdrduson : On commence à t’entendre un peu partout. As-tu un nouvel album en préparation ?

LA : Absolument ! Il s’intitule "La the Darkman II" et sera dans les bacs d’ici fin juillet, début août.

A : Tu as bien changé depuis ton premier album "Heist of the Century"...

LA : J’ai énormément grandi. Après, je reste la même personne, j’ai seulement mûri. J’aime mon premier album mais je pense que le deuxième sera aussi bon sinon mieux. Ce sera le même délire. Je raconte des histoires, j’ai toujours ces quelques morceaux conviviaux, c’est toujours intelligent, toujours spirituel, toujours imprévisible. Si tu apprécies "Heist of the century", tu vas aimer le nouvel album.

A : Beaucoup de gens considèrent "Heist of the Century" comme un classique. Donner une suite à un album de ce calibre, c’est pas simple…

LA : Ce n’est pas difficile parce que je travaille énormément. Quand j’ai commencé à enregistrer, je me posais aussi ce genre de questions mais maintenant que j’enregistre, le disque se construit et sonne tellement bien, les morceaux sortent si vite que je n’ai plus ce genre de doutes. Je ne pensais pas que le disque se ferait aussi rapidement. Je pensais que ça allait prendre davantage de temps. J’ai enregistré pendant 3 mois et j’ai plus de 25 morceaux. Même quand je n’enregistrais pas, j’étais encore en train d’écrire des rimes. J’écris des rimes pour le plaisir, comme un hobby parce que je suis un musicien. C’est la différence entre un musicien et un rappeur. Je ne me considère pas comme un rappeur. Un rappeur, c’est quelqu’un qui assemble des mots qui riment entre eux. Je suis un musicien : je fais de la musique que tu ressens. Peu importe que je fasse de l’argent ou pas, j’écris toujours de la poésie. J’écris juste pour écrire, pas pour réaliser un album. Je me sens comme Kobe Bryant : je fais les choses parce que je dois les faire ! Ce n’est pas vraiment difficile pour moi de marquer parce que je suis né pour ça.

A : Plusieurs morceaux ont tournés, présentés comme des morceaux de ton nouvel album. Un titre était produit par Alchemist et quelques autres par J Love. Est-ce que ces morceaux seront sur ton album ?

LA : Ouais, les titres produits par Alchemist et J Love seront dessus aussi. Ce sont mes gars ! J’ai encore beaucoup d’autres morceaux qui arrivent. Il y aura 16 morceaux donc ça ne représente que 2 morceaux sur 16. Vous aurez 14 autres bangers.

A : Je me souviens avoir vu sur ton site internet que ton album serait produit par Alchemist, Buckwild, Muggs, DJ Premier et d’autres. L’album a-t-il changé depuis ?

LA : J’ai juste rajouté des producteurs. Il y a mon nouveau producteur, le prochain Just Blaze, il s’appelle V12 the Hitman. Ce mec est dingue. Il y aura aussi Shotti, un autre de mes nouveaux producteurs, mon cousin Sing Sing Regime. Il y aura Scott Storch, RZA, Don Cannon dessus. Il y aura beaucoup de nouvelles têtes et beaucoup de mecs que vous connaissez déjà.

A : Quels sont les thèmes majeurs de ce nouvel album ?

LA : Je parle de ma vie ! Je suis un "life artist". Je parle de politique, du gouvernement, de l’industrie du disque, du ghetto, des relations hommes/femmes. Je suis fait de toutes ces petites choses qui font la vie. J’écris à propos de tout ce que je vois. Il y aura toute sorte de sujets.

A : Maintenant, j’aimerais qu’on revienne sur "Heist of the Century". Tu avais 18 ans quand tu as sorti cet album. Quel était ton état d’esprit ? Tu le faisais pour le plaisir ?

LA : J’ai vraiment fait ça sérieusement. Clairement, ça a toujours été un business mais il y a toujours du plaisir. J’ai vraiment l’impression d’avoir 17-18 ans là (rires). Quand j’enregistre, j’éprouve tellement de plaisir que ça me rappelle l’époque où j’enregistrais "Heist of the century". Ca me ramène des années en arrière. Je sens que j’ai tellement d’énergie. J’ai dit que j’étais comme Kobe Bryant parce que j’ai commencé jeune, adolescent et j’ai l’air d’un vétéran maintenant mais en réalité je suis toujours très jeune et ça n’est que mon deuxième album. J’essaye de gagner ma deuxième bague de champion.

A : C’est fou d’entendre que tu n’avais que 17 ans. Je ne peux pas imaginer quelqu’un du même âge sortir un album comme ça aujourd’hui.

LA : Ouais ! J’étais surpris aussi. Je prends la musique au sérieux mais j’en fais pour le plaisir parce que ça me procure du bonheur et que je gagne de l’argent par d’autres moyens. Mais je ne fais pas de la musique pour l’argent. Beaucoup de ces artistes font de la musique pour l’argent alors que moi je fais de la musique de plein de façons différentes. Je fais de la musique pour que le monde puisse m’entendre et me comprendre.

A : Ton premier album s’est vendu à plus de 300 000 exemplaires. Quelle a été ta première réaction quand tu as appris ça ?

LA : Je me suis dis que j’avais fait ce que j’étais censé faire. Je n’étais pas surpris parce que la musique me semblait si bonne que je savais que le monde l’apprécierait. Je m’attendais vraiment à un tel accueil.

A : Est-ce que le choix d’être indépendant était naturel pour toi ?

LA : En quelque sorte parce que j’étais en négociations avec une major et je n’obtenais pas de réponses satisfaisantes de leur part. Alors j’ai décidé que je pouvais faire tout ce que je voulais par mes propres moyens. Je suis mon propre businessman, je suis ma propre machine.

A : A mes yeux, c’était assez visionnaire. Aujourd’hui, tout le monde dit qu’être indépendant c’est la meilleure chose à faire…

LA : Oh ouais c’était visionnaire ! J’étais en avance sur mon temps. Je me considère toujours comme un visionnaire. L’album a cartonné par la suite, mais à cette époque j’étais tellement jeune qu’on peut dire que j’étais en avance sur mon temps. J’étais vraiment mature. Maintenant c’est à mon tour de briller.

A : Je sais que tu prend le business très au sérieux. Alors qu’est ce que t’as fait une fois que tu as eu l’argent généré par les ventes de l’album ?

LA : J’ai investi dans pas mal de biens immobiliers, j’ai créé ma propre ligne de vêtements, j’ai monté Embassy Entertainement, Apphiliates Music Group, Gangsta Grillz. J’ai fait très attention à la façon dont j’ai investi mon argent. Comme je te l’ai dit, je suis un comptable, un homme d’affaires par nature. J’aime compter l’argent et j’aime faire des affaires. Je suis un entrepreneur et j’agis sagement, comme tu peux le voir je gère 3 entreprises et je n’ai pas sorti de nouvel album depuis 7 ans.

1 | 2 |