Interview Flynt

Le décor : un bar du 18e arrondissement parisien... anti-parisien. Footballistiquement parlant. Pour faire comprendre que la maison ne fait pas crédit, un panneau indique : "Ici, c'est comme au PSG, on encaisse mais on ne marque pas". Ici le patron est pro-OM. Flynt confirme. Et c'est là qu'on rencontre l'auteur de J'éclaire ma ville.

21/10/2007 | Propos recueillis par Greg avec Nicobbl et Julien

Interview : FlyntAbcdrduson : Pourquoi le pseudo Flynt ? On sait que c’est en rapport avec Larry Flynt… [NDLR : éditeur américain controversé, à l’origine de la création du magazine "Hustler"]. À travers ton album, tu parais quelqu’un à la personnalité relativement simple et posée ; par rapport à Larry Flynt, ça ne semble pas forcément correspondre au personnage…

Flynt : C’était à l’époque où le film "The People versus Larry Flynt" est sorti, à l’époque du EP de E.T.A, je cherchais un blaze… Et mes potes trouvaient que je ressemblais à Woody Harrelson, celui qui interprète le rôle de Larry Flynt dans le film, la petite histoire vient de là. Personnellement, je ne trouve pas pour la ressemblance… C’est pas du tout une identification au personnage, rien à voir.

A : Dans ton album, on sent que tu as d’abord été un auditeur forcené, que tu as saigné un paquet d’albums avant de passer "de l’autre côté de la barrière" ("J’ai des références par centaines"). Sur la pochette du maxi "1 pour la plume", on aperçoit deux albums, "Livin’ like hustlers" de Above the Law et "H.N.I.C" de Prodigy. J’imagine que ce ne sont pas des clins d’oeil innocents, que ce sont des références pour toi ?

F : Bien sûr, mais entre autres, comme tu l’as dit des références il y en a par centaines. Moi j’ai commencé par écouter du rap ricain, et puis le rap français à ses débuts : l’époque NTM ("Authentik"), Assassin ("Note mon nom sur ta liste") etc., c’est ce que je dis dans ‘Les moyens du bord’. Mais j’étais plutôt un fan de rap américain. J’écoutais de tout, avec des préférences plutôt dans le Queens, même si au tout début j’étais plutôt West Coast, j’écoutais Ice Cube, Ice-T, Tim Dog, Above the Law, Tone Loc… et aussi Dre, Snoop, Dogg Pound… et là je suis vraiment passé à l’Est : Nas, Notorious, Mobb Deep… Public Enemy aussi. Depuis quelques années, j’écoute de plus en plus de rap français en fait, j’écoute beaucoup moins de rap ricain, moins de nouveautés. Les ambiances Dirty South ou les trucs qui se passent à l’Ouest, j’écoute plus trop. J’écoute davantage de rap français, ou en ricain des disques à l’ancienne. J’écoute de la musique africaine aussi.

A : Quels sont les disques français récents qui t’ont plu ? Les rappeurs disent souvent qu’ils n’écoutent presque pas de rap français…

F : Si, j’en écoute, tout simplement parce qu’il y a des groupes qui me plaisent. J’écoute ce qui se fait vers chez nous, surtout que c’est assez prolifique en ce moment avec notamment les albums d’Haroun et Sidi O. Parmi les gens que je ne connais pas mais que j’ai bien aimé récemment, il y a l’album de Mac Tyer. J’écoute aussi toujours les MC’s que j’aime depuis toujours comme Le Rat Luciano… J’aime pas trop citer de noms parce que tu oublies toujours des gens sur le moment. J’allais oublier Ill aussi, j’étais content de le réécouter sur son double CD, Joe & Cross aussi… Il y a pas mal de groupes français que j’aime écouter en tout cas.

A : En ce qui concerne ton parcours, qu’est-ce que tu retiens du projet "Explicit dix-huit", de tes premiers maxis ?

1 pour la plume F : Que des bonnes expériences en fait, que ce soit en tant que rappeur ou producteur. Sans le savoir, c’était des pierres à l’édifice de l’album puisque j’avançais sans savoir où j’allais… C’est après que "Fidèle à son contexte" est sorti que je me suis dit qu’il fallait que je fasse un album. C’est ce maxi qui m’a dit : "bon, faut y aller", ça s’est imposé à moi en fait. Quand j’ai commencé à faire du rap, je me suis jamais dit que j’allais faire un album, je n’y avais jamais pensé, c’est seulement après "Fidèle à son contexte" que c’est devenu évident qu’il fallait le faire. Et comme j’ai découvert la musique en général, et le rap en particulier, avec le vinyle, j’avais envie de reprendre un cheminement à l’ancienne, qui se perd un peu aujourd’hui, c’est-à-dire un maxi, deux maxis, etc., avant un album, même si c’est sûr que ça prend du temps. Sans y réfléchir à l’avance et naturellement, mon cheminement s’est fait "à l’ancienne".
 

1 | 2 | 3 | 4 |