Interview Hi-Fi

Grand espoir du rap français depuis ses apparitions avec les X-Men, Hi-Fi concrétise aujourd'hui les attentes placées en lui avec un premier album sorti via 45 Scientific, Rien à perdre, rien à prouver. Hi-Fi revient le temps de cette interview sur ses débuts, son évolution, ses aspirations, et bien entendu sur cet opus très attendu.

24/02/2003 | Propos recueillis par Nicobbl

Interview : Hi-FiAbcdr : Je te laisse te présenter...

Hi-Fi : Hi-Fi, début de carrière en 1995 avec les X-Men et le morceau 'J'attaque du mike' dont j'avais fait l'instru. Puis en 1996 le morceau sur la compilation "Hostile Hip-Hop volume 1" 'Pendez-les, Bandez-les, descendez-les !' toujours avec les X-Men. J'ai ensuite décidé de voler de mes propres ailes. J'ai fait un premier titre solo, 'Si t'es cap d'y aller', sur la compilation de DJ Kheops "Sad Hill". Ensuite deux maxis solos produits avec mes propres caillasses où j'ai invité un partenaire, qui officiait à la base au bled, à la Martinique, dans un groupe qui s'appelait les Neg, et qui s'appelle Lesly. Puis a suivi la signature avec 45, le maxi "Tout ce que les négros veulent" et l'album "Rien à perdre, rien à prouver", sorti le 4 févier 2003.

A : Pour revenir un peu sur tes débuts, quel regard portes-tu aujourd'hui sur l'expérience Time Bomb ?

H : C'était une bonne expérience, c'est à ce moment là qu'on s'est fait les dents. A la base, on rappait dans notre coin avec les deux autres comparses des X-Men et on s'est fait remarqué par un pote à nous, qui faisait partie d'un groupe bien old school, les New Generation Mcs. Il m'a connecté avec Ke-C qui cherchait des rappeurs pour monter un nouveau label. DJ Mars et Ke-C ont bien kiffé ce qu'on faisait, et voilà, après ça c'est enchaîné.;

A : Tu étais proche des X-Men sans en faire véritablement partie, c'était par volonté de rester un artiste solo ?

H : A la base, je faisais partie intégrante du groupe, mais je voulais quand même exprimer mon truc différent. Chacun avait sa direction, et moi à un moment j'ai voulu simplement voler de mes propres ailes.

A : Tu évoquais tout à l'heure le morceau 'Si t'es cap d'y aller' sur la compilation "Sad Hill", ce titre était parti pour te lancer définitivement, et finalement tu es resté dans l'ombre. C'était un choix assumé ou plus simplement l'absence d'opportunités sérieuses ?

H : En fait c'était un choix de ne pas accepter n'importe quoi. C'est vrai que ça a été une période creuse, mais aussi un moment où j'ai beaucoup appris. Je faisais tout par moi-même, et même dans ma vie personnelle, ça m'a apporté beaucoup. Le fait même d'être un peu en retrait de la scène m'a beaucoup apporté. J'étais un peu relégué au rôle de spectateur. Tu mets un pied dans l'eau et finalement tu te tâtes avant de sauter. Le grand saut il s'est fait avec l'album "Rien à perdre, rien à prouver", et c'est aussi ça le sens du titre de l'album.

A : Avant de nous intéresser plus à l'album, je voulais revenir à ce que t'as pu faire avec Lesly. C'était une autre vibe, plus consciente, c'était une façon de développer une autre facette de ta musique ?

H : Non, je ne pense pas que c'était plus conscient à ce moment. Personnellement, je pense que l'album comporte plus de messages dits conscients. Il suffit de les regarder du bon angle. Moi, je veux intéresser tout le monde, et je veux surtout faire passer des messages à certains. Je ne vais pas dire que je suis obligé d'orienter mon truc vers les banlieusards, les racailles ou tout ça, mais je pense que c'est quand même orienté pour faire passer un message d'abord à ces gens là. C'est eux qui en ont le plus besoin. Pour moi la musique c'est un peu une discussion entre toi et le public. Le public te le rend, l'industrie aussi.

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