The Soul Children - Start a Fresh
LP
Chronique par Nicobbl - Publiée le 17/09/2006
On n’efface pas en quelques minutes les
années passées à écouter, voire disséquer, parfois religieusement, ces
disques qui ont compté. Ceux avec lesquels on a grandi et qu’on associe à
des moments de notre vie. Après des milliers d’heures passées à digérer des
piles de vinyles, le trio de producteurs parisiens Xpert-Nico-Xcell,
autoproclamé The Soul Children dans un clin d’œil explicite au quatuor de
Memphis, entend jouer aujourd’hui sa propre partition. Après un court
apéritif sonore, un premier maxi trois titres revisitant 'It’s all real'
(Pitch Black), '2nd Childhood' (Nas) et l’inévitable '4th December'
(Jay-Z), voici le plat de résistance: un premier long format simplement
intitulé "Start a Fresh LP".
Posons
d’emblée quelques repères. Il n’est pas question ici de révolution sonore
mais plutôt d’une réinterprétation, voire une réappropriation d’une
sélection de morceaux déjà franchement marquants. Au menu, une sélection
avant tout composée de classiques des grands pontes de la grosse pomme (Nas,
Jay-Z, Mobb Deep, Big L, Mos Def, Blahzay Blahzay) et proches (Common,
Supastition). De '4th December' (déjà revisité par une sacrée horde de
jeunes loups aux dents longues, Kev Brown, K-Tharsis (!) ou Kno) à 'Shook
ones pt.II', 'Dreams' ou 'Ms Fat Booty', notre trio de producteurs fait
face à d’authentiques monuments. Préférant les envolées aériennes de Soul
aux gémissements sirupeux et codéinés, les Soul Children justifient un peu
plus un patronyme tout sauf anodin. Ils nous replongent dans le son
New-Yorkais des années quatre-vingt-dix, tentant de s’immiscer quelque part
entre Premier, Alchemist et Pete Rock.
Fort d’indéniables réussites
comme le remix de 'Step it up' (Supastition) qui promet de relancer les
ventes de minerves, 'Flamboyant' rappelant, si nécessaire, l’impassible
fluidité de Big L ou encore le survitaminé 'Boom' (Royce Da 5"9) "Start a Fresh"
comporte assurément ses moments de bravoure. Des satisfactions qui à défaut
d’effacer les quelques ratés ('Shook Ones Pt.II' en tête) sauront
probablement alimenter d’interminables débats d’esthètes.
Alors à
défaut de rendre complètement neurasthénique, ce premier album d’un trio de
producteurs émérites mérite plus que l’anonymat quasi-absolu auquel il
semble condamné. Mais, une nouvelle fois, peu de gens le savent.