House of Pain - Same As It Ever Was Chronique par Greg - Publiée le 25/02/2005 "Same As It Ever Was" est à House of Pain ce que "Black Sunday" est à Cypress Hill. La magie en moins, sans doute. Mais la recette de ce dernier est déclinée ici selon les mêmes principes : DJ Muggs chapeaute le boulot, et ça se sent. Replantons le décor. Dans la première moitié des années 90, le collectif des Soul Assassins est l’un des quelques noms qui met à peu près tout le monde d’accord. Les trois entités qui le composent - Cypress Hill, House of Pain et les Funkdoobiest - sont bâties sur un modèle identique : un producteur/DJ, un rappeur principal, et enfin un rappeur en renfort, qui pose aléatoirement quelques couplets. L’entente partira assez vite en sucettes (on n’aurait pas fini de compter les cycles de séparations et de retrouvailles), mais en 1994, l’entente au sein des Soul Assassins est complète. Et les œuvres maison possèdent un point commun inhabituel : le deuxième album des trois groupes est à chaque fois le meilleur. D’où "Black Sunday", "Brothas Doobie" et ce "Same As It Ever Was" injustement jeté aux oubliettes. Everlast a occupé quelque temps les premiers rangs des rappeurs vannés pour leur style, disons, rudimentaire. Son flow d’alcoolo rugueux et bourrin, ses textes à la limite du collégien attardé faisaient de lui une proie de choix. Pourtant, on a tellement décerné des médailles à bien pire qu’on est tenté de dire qu’il s’en sort ici avec les honneurs. Qu’il fasse dans le souvenir ('Where I'm From'), la revendication agressive ('Who’s The Man') ou la ballade tragique ('It Ain't A Crime') sa voix éraillée et son flow rentre-dedans épousent parfaitement l’atmosphère des productions. Ce qui fait qu’on est plus qu’heureux de retrouver Everlast après les prestations négligeables de son sparring partner Danny Boy, ou la tentative scolaire de Diamond D sur le titre qu’il produit, 'Word Is Bond'. Avec lui, Muggs et Lethal sont au sommet de leur art. A l’oreille, pas facile de distinguer la patte de chacun des lascars. Mais l’influence écrasante de Muggs ne fait aucun doute, tant la construction sonore recycle ses recettes de l’époque. Ainsi sur 'Who’s The Man' avant le dernier couplet (avec Lethal à l’exécution) : le refrain s’arrête, puis l’instru le prolonge ; break, la voix qui reprend sur la basse, puis la batterie. Classique et sans bavures. Qui aime "Black Sunday" ne pourra y rester insensible : le morceau 'Same as it Ever Was' rappelle immédiatement 'Insane in the Brain'. Preuve que DJ Lethal seul ne démérite pas : il balance en guise de conclusion une excellente version de 'On Point', tout en roulements de caisse claire, et fait de 'All That' un vrai bon interlude. |