Wu-Tang Clan - Iron Flag Chronique par Nicobbl - Publiée le 03/01/2002 2001. Entre les errements divers de Method Man, l'incarcération prolongée du sale vieux bâtard Russell Jones et le catastrophique deuxième volet Bobby Digital, la sortie d'"Iron Flag", à peine un an après le mitigé "The W", avait de quoi laisser sceptique. Le mauvais 'Uzi (Pinky Ring)' disponible avant en maxi semblait même annoncer le naufrage du navire de Staten Island. Musicalement cohérent, "Iron Flag" ne s'avère pas pour autant monocorde. Au carrefour des émotions et des atmosphères, entre colère, apaisement et pure provocation, il dévoile différentes facettes du groupe tout en offrant finalement peu de surprises. L'influence Soul, propre aux productions estampillées Wu-Tang Clan, est une nouvelle fois présente, et les passages chantés étonnamment fréquents. Ron Isley, icône Soul dès le début des années 1960, (et membre des fameux Isley Brothers) se charge notamment du refrain de 'Back in the game'. En terme d'emceeing, Genius, Method Man et Ghostface Killah alternent tout au long de cet album le bon et le moins bon. Désormais tête de file d'un collectif historique, Tony Starks, le tueur à la tête de fantôme, y déroule un phrasé parfois larmoyant absolument fascinant et unique. Si Raekwon s'avère particulièrement discret, il est justement suppléé par un Masta Killa décidément brillant. Véritable mosaïque de styles aux influences (relativement) communes, le collectif mené par son chef de file Rza rappelle par moments, et non sans une certaine nostalgie, un passé récent. Mention spéciale au tueur au visage de fantôme Tony Starks pour cette rime tombée en pleine actualité "Who the fuck knocked our buildings down ? Who the man behind the World Trade massacres step up now." L'avenir répondra à cette question brûlante… Si "Iron Flag" n'a rien à voir avec le mythique "Enter the Wu-tang" ; les temps ont changé, les acteurs et les enjeux aussi; ce nouvel opus s'inscrit dignement dans la lignée de la dynastie du groupe New-Yorkais. Un album efficace à défaut d'être surprenant. Wu-Tang saga continues… |