Public Enemy
New Whirl Odor
- Slamjamz
- Sortie : Novembre 2005
- www.publicenemy.com
"C’est marrant cette "coïncidence" : il suffit que je
fouille deux secondes dans tes affaires et je retrouve mon album de P.E. Je
me souvenais plus que c’est toi qui me l’avais gaulé... A peine acheté, déjà
prêté : j’aurais dû me douter que ça sentait le mauvais plan...
—
Attends, tu vas pas me faire croire qu’il t’a manqué ? Pas de quoi réveiller
les morts cet album… D'ailleurs je l’ai à peine écouté. Dès le calembour du
titre, j’y croyais plus. Pas aussi pourri que "Muse-Sick…" machin, là, mais
presque…
— Tu plaisantes, il est carrément bon cet album ! Je dirais
même un cran au-dessus de "He Got Game" et "There’s a Poison Goin’ On…".
T'as pas dû l'écouter suffisamment, à mon avis…
— Ecoute, je sais bien
que t’as toujours eu un goût de chiottes, et je t’en veux pas trop, mais là
tu dépasses les bornes. Je peux pas te laisser dire ça. P.E. c’est terminé ;
en tout cas c’est fatigué. Il y a qu’à voir comme ils recyclent leur passé :
ça sample et ça scratche la gloire d’antan à tout va, sans parler de
certains interludes (‘6.66 Strikes Again’), de l’intro du révérend qui en
rajoute une couche… Toute leur discographie y passe. Laisse tomber : au
mieux c’est un groupe comme un autre ; au pire, un groupe has been.
— Putain mais tu rigoles, au
contraire ils sont en constant renouvellement ! Ils ont tenté des trucs
qu’ils avaient jamais fait avant ! D’abord, il y a le morceau avec Moby…
— … qui est naze.
— Euh… C’est vrai qu’il est pas terrible. Ensuite,
t’es allé jusqu’au dernier morceau, 'Superman’s Black in the Building' ?
Incroyable : douze minutes imprévisibles, ça commence façon patate avec un
riff de guitare, et ça évolue genre blues mystique, la batterie au centre,
le sax à gauche, la voix impériale de l’ami Ridenhour à droite… Puis le solo
de guitare… C’est grandiose : un morceau comme ça suffit à justifier
l’album. Ecoute avant de la ramener…
— Bon, OK, c’est vrai que ça tue.
'Check What You’re Listening To' est très bon aussi…
— T’emballes pas
trop, tu vas finir par remonter dans mon estime… En plus t’es encore loin du
compte : le morceau est pas seulement très bon, il est carrément
exceptionnel. La lourdeur de l’ambiance, la succession de scratches en
dédicace, avec pour couronner le tout l’hommage spécial à Run D.M.C, et puis
le passage final old school du beat
box de Flav… Je m’en lasse pas.
— Parlant de Flav, il est quasiment
absent d'après ce que j'ai pu entendre, et ça manque cruellement. A part
quelques backs isolés…
— Ouais, là on se rejoint, c’est mon regret
principal aussi… Sur le LP précédent, c’est lui qui dynamitait un morceau
comme 'Revolverlution'… D’un autre côté, pour une fois j’arrive presque à
apprécier certains couplets de Griff, comme celui de 'Revolution' - à ne
pas confondre. Le morceau sonne un peu chiant au début, mais après plusieurs
écoutes, on y revient avec plaisir.
— Je vois le genre : à part le fait
qu’il produise trois morceaux sur quatre avec les pieds et que son flow
sabote tout sur son passage, on voit pas ce qu’on peut lui reprocher… Un peu
de sérieux. 'What A Fool Believes' et sa distorsion de gratte me filent
mal au crâne, pareil pour 'As Long as…', chiant comme la pluie, ça se
traîne par terre, aucun intérêt…
— Ouais mais ça reste toujours bourré
de détails dans la production! Et ça distingue toujours P.E. de n’importe
quel autre groupe, vu que eux au moins n’ont pas abandonné le deejaying
(regarde 'Y’all Don’t Know', enfin surtout quand Griff la met en
veilleuse). En plus, d’autres mecs ont bien fait leur boulot, comme Abnormal
sur 'Bring That Beat Back' qui met bien la pêche. Son 'Makes You Blind'
est pas mal aussi, avec son synthé et son beat un peu décalé… De son côté
Johnny Juice tient bien la barre ('Preachin’ To The Quiet', avant un grand
Chuck D)… Tu peux dire ce que tu veux, mais à part quelques fautes de goût,
l’héritage du Bomb Squad est plutôt bien géré… Moi, je dis : heureusement
qu’ils sont encore là…
— … Sauf qu’on est loin du niveau de "It Takes A Nation…"
et "Fear Of A Black
Planet", y compris au niveau du discours… Subversif, moi je
veux bien… Mais si on regarde de près… La corde s’use, tu crois pas ?
—
Sans déconner ? T’as trouvé ça tout seul ? Je suis content d’être ton pote,
t’es vraiment trop intelligent. Penser que des mecs de quarante piges font
pas aussi bien à leur dixième album qu’à leurs débuts, chapeau l’artiste. Je
m’incline, t’es un malin toi…
— Pauvre con. Allez, tu m’as à moitié
convaincu ; je pense quand même que maintenant le flambeau est ailleurs,
dans le "Poor People’s
Day" de Bigg Jus par exemple.
— Ah, tu vois que tu dis pas
que des conneries!"
— Greg, 02/07/2006
TRACKLIST
01. … And No One Broadcasted
Louder Than… (Intro)
02. New Whirl Odor
(Chuck D / Johnny Juice)
03. Bring That Beat
Back (Chuck D / Abnormal)
04. 66.6 Strikes
Again (skit)
05. MKLVFKWR (Chuck D /
Moby)
06. What A Fool Believes (Chuck D /
Professor Griff)
07. Makes You Blind (Chuck D
/ Abnormal)
08. Preachin’ To The Quiet (Chuck
D / Johnny Juice)
09. Either We Together Or We Ain’t
(SW1 Stepstrumental)
10. Revolution
(Society -Chuck D-Griff / Professor Griff)
11. Check
What You’re Listening To (Chuck D / Cheef Exek)
12. As Long As The People Got Something To Say (Chuck D –
Griff / Professor Griff)
13. Y’all Don’t Know
(Griff / Professor Griff)
14. Either You Get
It By Now Or You Don’t (skit)
15. Superman’s
Black In The Building (Chuck D / C-Doc The Warhammer)




