Article KRS-One

Lawrence Krisna Parker - plus connu sous le nom de Krs-One - fait sans aucun doute partie de ces Mcs révolutionnaires, ceux qui ont marqués l'histoire du Hip-Hop . Voilà le portrait détaillé du MC Philosopher...

21/07/2001 | Par Chat Fantôme

Article : KRS-One

Nom : Parker
Prénoms : Lawrence, Krisna
Date de Naissance : 20 August 1965
Lieu de Naissance : New York, South Bronx, USA
Surnoms : Tha Teacher, MC Philosopher

Casier Discographique :
"Criminal Minded" (B-Boy Records) 1986
"By All Means Necessary" (Jive Records) 1988
"Ghetto Music : The Blueprint Of Hip Hop" (Jive Records) 1989
"Edutainment" (Jive Records) 1990
"Live Hardcore Worldwide [Paris, London & NYC]", (Jive Records) 1991
>"Sex & Violence" (Jive Records) 1992
"The Return Of The Boom Bap" (Jive Records) 1993
"KRS-One" (Jive Records) 1995
"I Got Next" (Jive Records) 1996
"The Sneak Attack" (Front Page Records) 2001

Remarques:

- Parmi les pionniers du Rap beaucoup sont retournés à l'anonymat, ou encore tombés en disgrâce. D'autres comme Run DMC furent anesthésiés par les Dollars. Lawrence Krisna Parker a quant à lui non seulement marqué le Hip-Hop - à différencier du Rap dans l'esprit de KRS-One : "The concept of rap as something we do, while hip-hop is something we live" - mais aussi stimulé les esprits, participé à différents colloques à Yale, Harvard et dans bien d'autres institutions américaines. Bien plus que l'essence du Rap, bien plus que l'essence du Hip-Hop - "I"m not a rapper. I am rap. I am the embodiment of what a lot of MCs are trying to be and do. I'm not doing hip-hop, I am hip-hop" - , il est celui qui attira en 1989 l'attention des médias et du public sur le nombre de morts violentes chez les jeunes noirs tués par leurs "frères" grâce au mouvement Stop the Violence et ce bien avant des films comme "Boys in Tha Hood", "New Jack City" ou "Menace 2 Society". En effet, il défilera en compagnie de ses amis de l'Apollo Theatre de Harlem jusqu'au Powell State Office Building avec un cercueil vide symbolisant la mort de la violence. Plus qu'un simple MC, il est de par son didactisme un véritable leader politique noir.

Dès ses débuts en 1986, KRS-One à l'instar de Public Enemy impose sa différence. Désormais, la tendance dominante dans le rap est le récit de drames urbains. Cet autodidacte, ancien fugueur et clochard, fera découvrir à la critique et à la jeunesse blanche l'univers parallèle des ghettos urbains. Véritable pierre angulaire et maître à penser du collectif BDP - Boogie Down Production - KRS-One culminera dans le monde du Hip-Hop entre la fin des années 1980 et le début des années 1990.

Son premier album, "Criminal Minded" sorti sur le label B-Boy Records en 1986 le montre avec son complice Scott La Rock entouré de fusils et de grenades alors que les textes prêchent l'éducation, le positivisme, la connaissance de soi et l'égotrip. Le MC Philosopher continuera longtemps à manier ce genre d'ambiguïtés à l'image d'un Malcom X qui prônait à la fois la non violence et la légitime défense. En 1987, son partenaire, Scott La Rock, meurt d'une balle dans la tête à la sortie d'un club. Dès lors, KRS-One cultivera la mémoire de son défunt ami. Il le citera souvent dans ses textes et fera mettre sur la pochette (de nouveau sujette aux critiques et à la censure ) de son deuxième album "Overseen by Scott La Rock".

Peu après ce triste décès, KRS et son posse Boogie Down Production signent chez Jive (Mars 1988). Malgré cette signature, the Teacher traitera RCA, à l'époque distributeur de Jive, de major raciste en raison de la distribution d'Elvis Presley. L'album, "By All Means Necessary" restera l'album phare de la décennie grâce à des morceaux aussi mythiques que 'My Philosophy' ou 'Illegal Business'. Cet opus restera aussi dans les mémoires grâce à sa pochette présentant KRS-One un Uzi à la main derrière un rideau, à la manière de Malcom X vingt ans plus tôt.

Le troisième album de Boogie Down Production assoira l'introduction de l'élément reggae dans le Hip Hop américain. La puissance de cette association se fait d'ailleurs largement sentir sur 'The Style You Haven't Done Yet'. Un des titres phare de l'album sera 'Who protect us from you', morceau racontant la peur des policiers, thème qui deviendra cher à KRS-1 puisqu'il réalisera sur "The Return Of The Boom Bap" des chansons comme 'Blackcop' ou le fameux 'Sound Of Da Police' : Woop-woop!

"Ghetto Music : The Blueprint Of Hip Hop" restera d'ailleurs pour un bon nombre son chef d'œuvre ultime. Il sera suivi par "Edutainment", "BDP Live Hardcore", <"Sex and Violence" qui marqueront le déclin commercial plutôt que créatif de Kris Parker.

1993 marque la réalisation de son premier opus en marge de Boogie Down Production avec "The Return Of The Boom Bap". Rimes engagées, beat puissant, grosse basse et style Hardcore restent la marque de fabrique de KRS-One. Epurer le Hip Hop de tous ses stéréotypes et la paix, resteront les grands combats de cet artiste ambiguë. En effet ce dernier n'a toujours pas perdu la virulence de ses débuts puisque ne supportant pas les légères critiques émises par le groupe PM Dawn dans une interview accordée au magazine Details, KRS-One molestera Prince Be lors d'une remise de prix. Le tout fut de plus réalisé sous l'œil des caméras de Yo MTV Rap. Après quelques plates excuses, The Teacher ("mais professeur de quoi ?" Cf Prince Be ) déclara qu'il ne supportait plus le manque de respect de certains MC's. Parmi ces aphorismes qui le caractérisent le plus on peut citer: "The way I stop the violence is with a baseball bat and beat the shit out of you . . . If negativity comes with a .22, positivity comes with a .45. If negativity comes with .45, positivity comes with an Uzi: The light has got to be stronger than darkness".

Nouvelle sortie en 1995 pour KRS-One. Cet album éponyme contient des bijoux tels que 'Free Mumia', des featurings réussis de Das EFX ou Mad Lion.

"I Got Next" constituera sa dernière sortie sur le label Jive. Motif invoqué : Divergence d'opinion; Jive ne représenterait plus assez l'image que veut véhiculer KRS-One - C'est par politesse que j'utilise le subjonctif car avec des artistes comme Britney Spears ou Backstreet Boys il est évident que les deux parties n'ont plus tout à fait les mêmes objectifs.

KRS-1 fidèle à son concept d'Edutainment -Education & Divertissement- collaborera avec des artistes aussi divers que Michael Stripe (du groupe R.E.M.), Billy Bragg ou The Neville Brothers (Groupe Soul). Il produira en outre les deuxième et troisième albums de Just-Ice, ainsi que de nombreux morceaux pour Scholly D ou Queen Latifah. Il a en outre contribué à faire évoluer le marché du reggae grâce à ses travaux pour Shabba Ranks, Sly & Robbie's Silent Assassins et Ziggy Marley.

Après un hiatus de près de cinq longues années, KRS lance en 2001 "The Sneak Attack". Continuant logiquement sa démarche intègre et idéaliste, il ne succombe pas aux modes rapologiques et continue à privilégier le fond sur la forme sans pour autant négliger cette dernière. De plus, il semble désormais respecté par ses pairs si l'on se réfère aux nombreux samples vocaux dont il a fait l'objet. Il est peut-être l'artiste le plus samplé avec G.Clinton et Guru. KRS-One est un artiste original, influent et désormais respecté qui aura su durer dans un milieu où la durée de vie médiatique est limitée.

Pour parodier un interlude de son album intitulé "KRS-One" on peut aisément dire "KRS-One is always N°1 with us...".

Un dernier aphorisme du représentant du rap engagé - mot préférable à rap Conscient - "This is rebellious music, not gangster music."